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mardi, mai 28, 2024

LE HUARD RISQUE DE SE DÉPRÉCIER AU COURS DES PROCHAINS MOIS

Date:

Hendrix Vachon – Économiste principal, Mouvement Desjardins

Il y a un an, le dollar canadien oscillait autour de 1,28 $ CAN/$ US (0,78 $ US). Il s’est même approché de 1,25 $ CAN/$ US (0,80 $ US) en juin 2022. Ensuite, la tendance a surtout été à la dépréciation et c’est probablement ce qui nous guette encore jusqu’à l’automne.

La principale raison expliquant ces prévisions pessimistes sur le huard est une probable détérioration de l’économie mondiale au cours des prochains mois, ce qui devrait encourager les investisseurs à se tourner une fois de plus vers le dollar américain comme valeur refuge. Nous observons déjà un certain ralentissement de l’activité économique dans plusieurs pays, mais pas encore de récession. L’effet retardé des hausses de taux d’intérêt par les banques centrales, devrait néanmoins se faire ressentir davantage au cours des prochains mois et se traduire par des données économiques plus décevantes. Il est à noter que des tensions sur le système bancaire américain, comme cela s’est produit en mars, pourraient temporairement réduire l’attrait du billet vert. Éventuellement, un tel choc, s’il persistait, finirait fort probablement par déstabiliser les marchés financiers mondiaux et réduire les perspectives de croissance pour l’ensemble de l’économie mondiale.

Le dollar canadien est aussi grandement influencé par les prix du pétrole et d’autres matières premières. Le Canada est un pays exportateur de matières premières et voit sa situation s’améliorer lorsque les prix de ses principales exportations augmentent. En raison du ralentissement économique prévu, les prix de plusieurs matières premières devraient diminuer et contribuer à la dépréciation du dollar canadien.

Le fait que la Banque du Canada (BdC) ait déjà signalé une pause dans son resserrement monétaire est un autre facteur défavorable au huard, car cela rend les taux d’intérêt canadiens moins avantageux par rapport à d’autres pays où le resserrement monétaire n’est pas terminé. Il s’agit d’un contraste important avec la situation de l’an passé, lorsque la BdC figurait plutôt parmi les banques centrales les plus agressives. Bien que la porte ne soit pas complètement fermée à d’autres hausses de taux d’intérêt au Canada, un tel scénario paraît peu probable étant donné la diminution notable de l’inflation canadienne. Dans plusieurs endroits dans le monde, les progrès sur l’inflation sont moins significatifs.

En raison des éléments mentionnés, on estime que le taux de change canadien pourrait atteindre 1,39 $ CAN/$ US (ou 0,72 $ US) à la fin de l’été. Cette prévision comporte néanmoins une marge d’erreur non négligeable. Un ralentissement économique plus prononcé, avec plus d’inquiétude sur les marchés financiers et des prix plus faibles des matières premières, ferait davantage déprécier le dollar canadien. À l’opposé, une économie plus résiliente que prévue, avec peut-être d’autres hausses de taux d’intérêt par la BdC, aiderait le huard à se maintenir aux environs de 1,33 $ CAN/$ US (0,75 $ US). 

Un scénario où le huard s’apprécierait fortement au cours de l’été paraît beaucoup moins probable.

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