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dimanche, mars 3, 2024

LA CENSURE COMME NORME EN FLORIDE

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Si la censure est au cœur de l’actualité en Floride depuis plusieurs semaines, c’est parce qu’il s’agit d’un phénomène qui prend de l’ampleur et qui cause de profondes inquiétudes. 

Celle qui a fait le plus de bruit est sans doute la censure des livres dans les écoles et les bibliothèques publiques de Floride. Mais elle n’est pas la seule. Il y a aussi la nouvelle censure des contenus de cours à tous les niveaux scolaires, jusqu’à l’université inclusivement, comprenant entre autres les cours sur la culture et l’histoire des Noirs aux États-Unis, nouvellement interdits.

Tout cela est venu avec des menaces de poursuites pénales en cas de non-respect des nouvelles lois promulguées par les dirigeants républicains. Rappelons que Ron DeSantis, gouverneur républicain, a promulgué une série de lois en éducation, dont Stop WOKE, en 2022, qui limite les sujets d’enseignement tels que la race et l’orientation sexuelle. 

Il est interdit en Floride d’enseigner que quiconque est privilégié ou opprimé en raison de sa race ou de la couleur de sa peau.

On pouvait lire dans le Sun Sentinel cette déclaration de Sarah Leonardi, membre du conseil scolaire de Broward : « Ce n’est pas un État libre la Floride. C’est un État qui censure les livres, qui censure les éducateurs et qui censure les élèves et les familles. 

C’est un État qui cherche à limiter l’accès aux connaissances et aux ressources qui ne rentrent pas dans une boîte idéologique conservatrice… 

C’est un État qui rend de plus en plus difficile l’éducation ou la parentalité d’un enfant sans crainte constante de représailles. » 

Les administrateurs scolaires du comté de Palm Beach ont demandé aux enseignants d’examiner les bibliothèques de leur classe afin de vérifier s’il y avait des choses liées à l’orientation sexuelle, à l’équité raciale ou à d’autres sujets qui violent les lois de l’État. Les bibliothécaires et les enseignants peuvent être accusés de crime et mis en prison s’ils choisissent des documents jugés inappropriés par l’État.

L’oppression et la peur imprègnent maintenant le milieu scolaire de tous les niveaux. Le personnel s’astreint à l’autocensure par peur de contrevenir aux nouvelles lois de l’État.

« Ce mouvement de censure transforme nos écoles en un champ de bataille politique […] » a déclaré Suzanne Nossel, directrice générale de PEN America.

En Floride, la peur des livres est plus grande que la peur des armes à feu. Le gouverneur, le même qui interdit des livres et des contenus de cours, a promis d’assouplir les restrictions sur les armes et de promulguer une loi qui permettra à chaque Floridien de porter une arme dissimulée en public sans permis ni formation (à lire en page 7). Pourtant, c’est en moyenne 206 enfants et adolescents, soit près de quatre par semaine selon Cap Action, qui meurent de la violence armée. 

Dans les pays démocratiques, ce ne sont pas les chefs d’État qui décident des concepts qui seront ou non enseignés à l’Université, et on ne soumet pas le personnel du milieu scolaire aux politiciens sous peine d’avoir des poursuites pénales.  

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