APRÈS COLLINES ET DÉSERTS, LE SOLEIL DE LA FLORIDE
Par Réjean Tremblay
Tom Lapointe a fini son grand tour. Il aura vécu dix, cent, mille vies, à Montréal, à Paris, à Los Angeles avec une belle étape à Fort Lauderdale et Hallandale Beach.
Et comme Tom, malgré ses aventures invraisemblables dans le monde de la production, était un journaliste avant tout, il a profité de son séjour en Floride pour écrire des chroniques dans Le Soleil de la Floride.
Il aura écrit dans L’Artisan, dans Montréal-Matin, dans Le Soleil de Québec, dans La Presse, dans Le Journal de Montréal et dans Le Soleil de la Floride.
Il avait aiguisé sa plume au fil des années et c’est sans doute de son condo à Pompano qu’il aura le mieux écrit.
J’ai retrouvé Tom Lapointe à Paris en 2000. Il était au creux de l’abîme. Un itinérant que Marcel Béliveau et Gilbert Rozon allaient aider à sortir du trou.
Puis, il est venu lancer son livre Mes mille et une vies à Montréal en 2010 ou à peu près.
Je l’ai retrouvé à Los Angeles en 2018 lors d’une traversée de l’Amérique en moto avec Lady Ju, la plus belle bikeuse au monde. Il rêvait de convaincre le réseau ABC d’acheter son projet de quizz pour la télé. Tom avait investi quelques millions avec des partenaires pour tourner un pilote de très grande qualité.
Il s’est rendu à l’antichambre du bureau du grand patron.
Quand la pandémie est arrivée, Tom et le producteur Jean-Guy Després sont venus s’installer en Floride. Les deux entrevoyaient un développement des affaires du cinéma et de la télévision dans l’État du soleil.
Quand j’ai tourné une série documentaire de huit épisodes d’une heure sur la rivalité Canadiens-Nordiques, une des personnalités à rencontrer parce qu’il avait vécu toute cette aventure, fut Tom Lapointe.
Il a été généreux. Il a donné une excellente entrevue. Puis, il a profité de son séjour en Floride pour lancer ShowTom, son podcast avant-gardiste. Serge Savard et plusieurs gros noms ont été ses invités.
Il est retourné à Paris à la quête d’un diffuseur pour son quizz. Toujours son grand rêve. C’est là que la maladie l’a rattrapé.
Je lui ai parlé un mois avant sa mort. Il était serein. Je lui ai demandé ce qu’il aimerait que le Québec retienne de lui. Il a réfléchi de longues secondes avant de soupirer dans la douleur : « J’aurai essayé. J’aurai vraiment essayé. J’ai réussi ma carrière de journaliste et de commentateur à la radio et à la télévision. Je n’ai pas réussi comme producteur. Mais tout le monde sait que j’ai essayé jusqu’au bout », a-t-il dit.
Il se sera passé 25 ans entre son dernier article dans le Journal de Montréal et son premier dans Le Soleil de la Floride.
Ça résume une vie.









