LES DÉFIS DES CONSOMMATEURS AMÉRICAINS

Date:

Par

Francis Généreux 

Économiste principal, Mouvement Desjardins

 

 

Pendant la pandémie, les ménages américains ont pu profiter des différentes mesures d’aide gouvernementales pour passer au travers de la crise sans trop de heurts. La fin de ces programmes ainsi que la forte accélération de l’inflation, la hausse des taux d’intérêt et les incertitudes liées à la guerre en Ukraine présentent toutefois des défis qui risquent de miner la confiance et la consommation.

Premièrement, on remarque que le revenu disponible réel des ménages américains est en diminution constante depuis juillet 2021. Non seulement la fin des principales mesures d’aide fédérale a amené une baisse du revenu disponible (revenus totaux moins taxes et impôts), mais cette contraction normale a été amplifiée par l’accélération des prix à la consommation. Heureusement, l’épargne accumulée pendant la pandémie demeure importante et elle permet à la consommation de continuer à croître alors que le revenu est en baisse. 

Cela dit, la mauvaise performance des indices boursiers depuis le début de 2022 mine les actifs des ménages qui reposent sur les valeurs mobilières et sur les fonds de retraite. 

Deuxièmement, les ménages doivent maintenant faire face à des hausses de taux d’intérêt. Le marché de l’habitation risque notamment de réagir assez fortement aux augmentations de taux hypothécaires. Les demandes de prêts sont déjà en baisse et l’on pourrait voir une diminution des ventes de maisons. 

De plus, en ralentissant le marché immobilier, la hausse des taux d’intérêt limite aussi les achats connexes à ceux d’une maison, incluant la rénovation et l’achat de meubles, d’appareils électroménagers et d’autres accessoires pour le logement. Plus directement, la hausse des taux d’intérêt sur les prêts à la consommation risque aussi de miner les dépenses en biens durables, incluant les automobiles. 

L’inflation élevée est un défi supplémentaire pour les ménages. La hausse des prix était déjà un enjeu important avant le début de la guerre en Ukraine. L’invasion de l’Ukraine par la Russie a exacerbé cette situation. L’un des effets économiques de la guerre aura été de faire bondir les prix du pétrole et, par ricochet, les prix de l’essence. Ceux-ci ont récemment atteint leur plus haut niveau historique en dollars courants. Cela force les ménages à attribuer une plus grande part de leur revenu pour faire le plein d’essence.

Tous ces défis pourraient faire en sorte que l’humeur des ménages demeurera relativement morose au cours des prochains mois. 

Une baisse de la confiance des ménages entraîne normalement une progression moins rapide de la consommation réelle.

Cela dit, ces vents contraires auxquels font face les consommateurs américains s’opposent à des facteurs plus positifs. D’un côté, il y a la reprise encore inachevée du secteur des services. On s’attend à ce que la demande refoulée de services permette à ce secteur de continuer à bien progresser malgré les difficultés actuelles et à venir. L’autre facteur positif provient de la progression du marché du travail. La création d’emplois est très forte depuis quelques mois et le taux de chômage est presque descendu à son creux d’avant la pandémie. 

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