LA RESTAURATION DES EVERGLADES : UN GESTE RENTABLE !

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Les projets de restauration des Everglades, qui totalisent 27 milliards de dollars, sont considérés comme les plus ambitieux de l’histoire de l’humanité. La science vient de donner raison à ses instigateurs dans un dernier rapport de recherche qui s’impose par la solidité de ses conclusions.

Les origines 

Les Everglades ont été systématiquement dégradés pour l’agriculture et l’urbanisation. Dès le début du siècle, l’État a commencé à assécher des marais, creuser des canaux afin de faire dévier le flux des eaux et de construire des systèmes de contrôle hydraulique. Ces travaux se sont poursuivis durant des décennies et ont détruit plus de la moitié des Everglades. C’est dans les années 1992-1993 que le Congrès autorise les premiers projets de restauration et c’est seulement dans les années 2000 qu’un projet sur plusieurs décennies est adopté afin de protéger cet écosystème qui fournit l’eau potable à la majorité des Floridiens. 

Des efforts payants

Au fil des découvertes, le projet global de restauration a pris une dimension inespérée. Publié dans Proceedings of the National Academy of Sciences, le dernier rapport montre que les marais d’eau douce et les mangroves côtières absorbent chaque année quelque 14 millions de tonnes de dioxyde de carbone de l’atmosphère. Cela représente 10 % des émissions du secteur des transports en Floride. C’est énorme !

La séquestration du carbone dans les Everglades a augmenté de 18 % entre 2003 et 2020. En fait, plus la restauration avance, plus le bénéfice climatique s’amplifie. L’élimination du dioxyde de carbone a progressé environ deux fois plus vite que le rythme des émissions de méthane, aboutissant à une hausse nette de 18 % du retrait total de gaz à effet de serre (GES).

Cette restauration a toutefois un coût en GES car lorsqu’un sol est inondé ou réhumidifié, l’eau obstrue les pores du sol et bloque l’apport d’oxygène. Les méthanogènes prennent alors le relais pour décomposer la matière et produisent du méthane.

Ce coût en GES est secondaire car ce qui compte est qu’au final, les bénéfices l’emportent largement, avec une importance qui a surpris les chercheurs : 18 % de réduction totale à ce stade-ci de la restauration.

Au-delà de la captation du carbone, c’est aussi l’approvisionnement en eau potable pour la majorité des Floridiens qui devient mieux assurée.

La robustesse des conclusions révélées par cette étude repose sur un dispositif de mesures exceptionnelles et une mobilisation scientifique sans précédent qui traduit l’ampleur et l’importance des enjeux.

Depuis 2019, plus de 75 projets de restauration ont été achevés ou démarrés. La réduction d’azote et de phosphore est maintenant considérable, atteignant 1,8 million de livres d’azote et 770 000 livres de phosphore.

Cependant, un nuage plane. Les coupes de la nouvelle administration fédérale ont vidé de leurs effectifs les bureaux travaillant sur ces projets scientifiques. Des scientifiques de 25 à 30 années d’expérience travaillant sur la restauration des Everglades ont été congédiés. L’avenir de cet écosystème ne se joue donc pas que dans les marais.

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