Les tensions s’intensifient entre Cuba et les États-Unis. Le jeudi 11 juin, le gouvernement américain a annoncé de nouvelles sanctions contre Cupet, la société cubaine de pétrole et de gaz, propriété de l’État insulaire, et tous ses capitaux aux États-Unis sont bloqués. Selon Marco Rubio, le secrétaire d’État des É.-U. natif de Miami et de parents cubains, les capitaux de l’entreprise cubaine ont été « expropriés illégalement à ses propriétaires américains il y a des années ».
Il indique aussi, sans apporter de preuve, que Cuba « revend d’innombrables barils d’une énergie devenue rare sur le marché secondaire, thésaurise les réserves énergétiques pour ses forces militaires, de renseignement et de répression, et rationne l’énergie comme outil de contrôle social ».
Situation délétère
En attendant, sur l’île, les ventes d’essence à la population par Cupet sont quasiment inexistantes et effectivement rationnées. L’économie de l’île était déjà exsangue ces cinq dernières années après des décennies d’embargo. Les coupures de courant sont monnaie courante depuis que le président Trump a annoncé en janvier dernier qu’il allait imposer des tarifs douaniers à tous les pays qui livreraient du pétrole à Cuba. Alors que le groupe hôtelier espagnol Melia cesse ses opérations à Cuba, l’île annonce accueillir des investisseurs cubains vivant à Cuba ou ailleurs à reprendre la direction de ces hôtels. Trump, qui menace Cuba d’actions militaires depuis la capture de l’ancien président Maduro au Venezuela, estime que « Cuba s’est en quelque sorte effondré » et a déclaré que « nous allons nous en occuper dès que nous aurons terminé les opérations militaires en Iran. »
Le poids des Castro
Sur l’île, l’ancien dirigeant Raúl Castro a fêté ses 95 ans le 3 juin dernier. En 2006 et suite au retrait de la vie politique de son frère Fidel pour des raisons de santé, Raúl Castro prend la présidence du pays par succession interne et le dirige de façon plus libérale, autorisant les entreprises étrangères à s’y implanter. Il a négocié la quasi-suppression de la dette avec la Russie et a obtenu la levée de certaines sanctions par Barack Obama. En 2015, les États-Unis et Cuba ont rétabli des relations diplomatiques et en 2016, le président américain se rendait sur l’île. Les vols commerciaux entre les deux pays ont pu reprendre. Mais les administrations Trump et Biden, de 2017 à aujourd’hui, ont annulé bon nombre de ces assouplissements, renforçant considérablement les sanctions financières, commerciales et de voyages.
Depuis 2018, le pays est dirigé par Miguel Díaz-Canel, mais il semble que Raúl Castro continue à peser dans la vie politique cubaine. C’est d’ailleurs son petit-fils qui a rencontré Marco Rubio lors d’un sommet l’année dernière.
Fin mai 2026, les États-Unis ont mis la pression sur la famille Castro et ont inculpé Raúl Castro pour meurtre pour la destruction de deux avions américains en… 1996, il y a donc 30 ans. L’homme de 95 ans reste très populaire dans son pays et son anniversaire a été célébré par les organes du parti communiste cubain, par la population et sur les réseaux sociaux.
Dans une interview le 9 juin, l’ambassadrice cubaine à Washington, Lianys Torres Rivera, déclarait pourtant : « Les sanctions contre nos dirigeants, nous les voyons comme un prétexte destiné à faire croire au peuple américain que nous représentons une menace. Nous ne sommes pas une menace pour les États-Unis et nous ne voulons pas de confrontation. » Elle affirme que tous les efforts pour faire tomber le gouvernement cubain par la force rencontreront une forte résistance : « Raúl est sacré », souligne-t-elle encore.








