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lundi, décembre 5, 2022

L’APRÈS IAN

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Depuis longtemps, la mer chaude et les plages de sable blanc de la côte ouest de la Floride ont gagné le cœur de milliers de snowbirds. La beauté de ses villes et de ses îles, en plus de la qualité de vie que l’on y trouve, sont légendaires et difficilement comparables.  

Toutefois, pour plusieurs snowbirds, le retour au Sunshine State s’annonce difficile cette année. Les changements climatiques ont un coût bien réel pour les sinistrés d’Ian. 

Nos bonnes pensées ne suffisent pas. L’ouragan Ian, seulement cinq ans après qu’Irma se soit dirigé vers Naples, nous oblige à poser deux questions difficiles : Faut-il arrêter de construire sur des marécages ? Faut-il redéfinir le modèle de développement de la Floride ?  

Il y a un siècle seulement, la côte ouest de la Floride était un labyrinthe de marécages.

Les développeurs ont creusé les rivières et les marécages et ont entassé la terre jusqu’à ce qu’elle sorte de l’eau. « Le développement impliquait de découper des marécages côtiers, de créer un réseau de canaux pour évacuer l’excès d’eau et de construire des maisons sur les terres restantes ». Jake Bittle, Grist

Le dragage et le remblai, puis l’assèchement des marécages, ont été des techniques de développement qui ont permis la création de paysages urbains artificiels, idylliques, avec des canaux donnant aux résidents un accès à la navigation de plaisance. 

Au cours de la dernière décennie, le South West Florida s’est classé parmi les régions du pays ayant la croissance la plus rapide. C’est précisément cela qui conduit plusieurs à penser comme Arwa Mahdawi (The Guardian) que Ian « […] n’était pas tant une catastrophe naturelle qu’une catastrophe d’origine humaine ».

Mais il n’y a pas que les ouragans qui s’annoncent dévastateurs, il y a aussi la montée des eaux et l’érosion des plages. Alors comment penser le développement économique ?

Sanibel et Matlacha, des îles paradisiaques, ont été dévastées. Des résidents disent préférer quitter les lieux, ce qui en font les premiers réfugiés climatiques de la Floride. Les législateurs du Sunshine State devront se rendre compte que ni la négligence environnementale ni la politique à courte vue ne sont une option. 

Le problème est complexe car en plus de ses 22 millions de résidents, ce sont 126,1 millions de touristes en 2018 (111,8 millions venaient des États-Unis, 3,5 millions venaient du Canada, les autres venant d’outre-mer) qui ont été attirés par l’État du soleil. Ses millions de touristes contribuent chaque année à faire de la Floride la quatrième économie des États-Unis. Il faudra donc être créatif pour concilier protection de l’environnement et développement économique.   

Ce qui est certain, c’est que la Floride ne peut plus penser son développement économique et touristique comme avant.

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