Le Canadien de Montréal continue de déjouer les pronostics en ce début de saison 2025-2026. L’équipe affiche une résilience admirable, mais aussi des fragilités persistantes qui alimentent les débats. Les médias québécois saluent l’audace offensive du Tricolore, tout en soulignant des failles structurelles qui pourraient le rattraper à mesure que la saison avance.
Rendement
Avec une fiche de 10 victoires, 3 défaites et 2 revers en prolongation, le CH occupe le sommet de la division Atlantique. Ce rendement dépasse largement les attentes, surtout que plusieurs victoires ont été arrachées dans les derniers instants ou en prolongation. Cette capacité à revenir de l’arrière témoigne d’un esprit combatif, mais aussi d’une gestion parfois chaotique des avances. Comme le résume Tony Marinaro sur les ondes du 98.5 FM : « soit les Canadiens échappent des avances, ou soit ils tirent de l’arrière, puis ils ont besoin d’ouvrir la machine en troisième ». Cette tendance à jouer avec le feu pourrait coûter cher à long terme, même si le talent individuel fait souvent la différence à trois contre trois.
Moteurs du succès
Le capitaine Nick Suzuki est l’un des grands artisans de ce début de saison. Avec 18 points en 13 matchs, il incarne le leadership offensif tant attendu. À ses côtés, Cole Caufield (15 points) confirme sa régularité, tandis que le jeune Ivan Demidov impressionne par sa créativité et sa vitesse. L’émergence d’Oliver Kapanen, auteur de plusieurs buts décisifs, ajoute une profondeur inattendue à l’attaque montréalaise.
Cependant, tout n’est pas parfait. Le match du 4 novembre contre les Flyers de Philadelphie en est un exemple frappant. Menés 3-0 après seulement huit minutes, les Canadiens ont réussi une remontée spectaculaire pour prendre l’avance 4-3… avant de s’incliner en tirs de barrage. L’entraîneur-chef Martin St-Louis n’a pas mâché ses mots : « Ce fut notre pire match de la saison ». Il a notamment critiqué l’indiscipline défensive et le manque d’intensité en début de rencontre.
Défense et gardiens : équilibre fragile
Sur le plan défensif, l’absence prolongée de Kaiden Guhle, blessé au bas du corps, commence à peser lourd. Le rappel de Marc Del Gaizo a permis de combler temporairement le vide, mais l’équilibre reste précaire. Du côté des gardiens, Samuel Montembeault et Jakub Dobeš se partagent les départs. Dobeš s’est illustré lors du match contre l’Utah avec une performance rassurante, mais la hiérarchie demeure floue.
Défis récents et à venir
Après une victoire convaincante contre l’Utah (6-2), le CH a subi deux défaites consécutives en prolongation, dont une contre les Devils du New Jersey (4-3 OT). Ces revers, bien que serrés, rappellent que l’équipe est encore en phase d’apprentissage. Le site officiel du club souligne que « s’il y a bien une chose que l’édition 2025-2026 des Canadiens nous a démontrée, c’est qu’elle apprend vite et ne recule devant personne ». Dans ce contexte, plusieurs observateurs s’interrogent : le CH est-il réellement sur la voie d’une reconstruction solide, ou vit-il simplement une embellie passagère dopée par la confiance actuelle ? Le site Toutsurlehockey.com évoque une « LNH imprévisible », où chaque point est âprement disputé. Cela pourrait avantager le Tricolore, à condition qu’il continue à resserrer sa défensive et à maintenir son intensité.
Conclusion
L’actualité du Canadien de Montréal est à l’image de son jeu : imprévisible, intense, parfois brouillonne, mais toujours captivante. Les partisans peuvent rêver d’un printemps glorieux, mais les journalistes, eux, gardent un œil critique. Et c’est peut-être ce fragile équilibre entre espoir et lucidité qui rend cette saison si palpitante pour le CH.









