Les deux « Actes de Baissance » de la langue Fançaise

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En ce mois de mars, reconnu comme le mois de la francophonie et tout particulièrement le 20 mars comme le jour mondial de la francophonie, on peut parler de tous ces peuples de la planète qui, en 2016, utilisent le français comme moyen de communication. Mais on peut aussi rappeler quels sont les actes qui sont reconnus comme fondateurs de la langue et de la culture française. On peut en retenir deux :

Les serments de Strasbourg (Sacramenta Argentariae) -14 février 842

Ils marquent à la fois un moment d’histoire politico-militaire mais aussi socio-culturel, français et européen, car ils s’inscrivent dans un conflit de succession au milieu du 9e siècle, dont les conséquences allaient se répercuter jusqu’à notre époque.

En effet, Louis 1er dit « le Pieux » (parfois « le Débonnaire », né dans la région de Bordeaux) est le fils de Charlemagne. Il en a hérité à la fois le titre d’empereur d’Occident et un immense empire qu’il a divisé entre ses quatre fils : Lothaire 1er (Francie médiane), Louis II  (Francie orientale), Charles II (Francie occidentale) et pour Pépin Ier le Royaume d’Aquitaine.

Les serments de Strasbourg s’inscrivent dans le conflit de succession qui va opposer les quatre frères. Ils concrétisent l’alliance militaire entre Charles dit le Chauve et Louis dit le Germanique, contre leur frère aîné, Lothaire 1er, roi de la Francie médiane qui revendique le titre d’empereur d’Occident, hérité de leur père, mais Charles et Louis refusent de le reconnaître comme leur suzerain.

La particularité de ces serments réside dans le fait que Louis dit le Germanique, déclare son serment en langue romane pour être compris des soldats de Charles dit le Chauve, alors que Charles dit le Chauve prononce le sien en langue tudesque (Germanique) pour qu’il soit entendu des soldats de Louis.

Pour bien suivre l’importance chronologique de ces textes, il faut rappeler ici que depuis des siècles, le latin dit classique était la langue utilisée par les classes dirigeantes de France et d’Europe ainsi que pour toutes les communications écrites. Parallèlement au latin écrit, il existait un latin dit oral ou encore la lingua rustica romana, qui est à la base de la langue française actuelle. Utiliser la lingua romana était d’ailleurs le meilleur moyen de communication orale avec le peuple ou les armées comme lors de ces serments ou encore dans la Chanson de Roland ou les histoires racontant les vies des saints.

Le texte roman (ou français ancien) des serments a donc une portée philologique et symbolique essentielle, puisqu’il constitue pour ainsi dire, un des « actes de naissance de la langue française » dans le cadre d’un accord politique d’envergure historique. Ils sont en plus considérés comme les documents les plus anciens actuellement connus.

L’ordonnance de Villers-Cotterêts entre le 10 et le 25 août 1539

Ce texte de lois, édicté par le roi de France François 1er à Villers-Cotterêts dans l’Aisne, a été enregistré au Parlement de Paris le 6 septembre 1539.

Cette ordonnance a pour objectif premier de réduire certaines prérogatives des villes, de réformer la juridiction ecclésiastique et rendre obligatoire, ce qui est en soit une petite révolution administrative, la tenue des registres des baptêmes au sein des églises.

Mais elle est surtout connue et reconnue, encore à notre époque, pour être l’acte donnant la primauté et l’exclusivité du français dans les documents relatifs à la vie publique du royaume de France. Le français qui au 16e siècle, est une langue à part entière, devient ainsi la langue officielle du droit et de l’administration, en lieu et place du latin et dans certains cas des langues régionales.

Dans les faits, l’ordonnance de Villers-Cotterêts n’a fait qu’officialiser et renforcer un mouvement de centralisation linguistique déjà amorcé depuis le XIII siècle. Il ne faut pas perdre de vue qu’au 16e siècle, et ce jusqu’au XIXe siècle et même jusqu’à la Première Guerre mondiale, les langues régionales étaient toujours très vivantes et que les peuple de France parlent essentiellement la langue d’oïl, l’occitan, le franco-provençal, ou encore pour une petite minorité le « parisien dit français ». Le français est encore considéré comme la langue de la Cour, de la noblesse, de l’armée, du clergé, des élites, des commerçants et des écrivains.

L’ordonnance va progressivement s’installer dans toute la France par une suite de décisions royales. Une des plus historiques en 1561, sera l’Édit de Rivoli, dans lequel le duc Emmanuel-Philibert de Savoie rend obligatoire l’usage du français dans tous les actes publics et administratifs enregistrés dans le Duché de Savoie et dans la Vallée d’Aoste qui est de nos jours une région de l’Italie moderne.

L’ordonnance de Villers-Cotterêts intitulée « Ordonnan du Roy sur le fait de justice » a été rédigée par le chancelier Guillaume Poyet, avocat et membre du Conseil privé du roi. En dehors des Archives nationales, il n’existe en France, que deux autres exemplaires originaux sur parchemin. Cette ordonnance est le plus ancien texte de lois françaises encore en vigueur et toujours appliquée par les tribunaux français.

Sources: Vous pouvez également consulter ces sites sur internet. Ils ont permis de documenter cet article : www.languefrancaise.net – www.axl.cefan.ulaval.ca et www.wikipedia.org

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