Il y a plus de 150 ans, en 1865, Jules Verne avait aussi imaginé envoyer des aventuriers dans l’espace. Dans son roman d’anticipation intitulé « De la Terre à la Lune », Verne a utilisé un vaisseau spatial en forme d’obus tiré par un super canon situé nulle part ailleurs qu’en Floride ! Et plus précisément à Tampa…
Aujourd’hui, l’histoire est bien différente, mais les fusées partent toujours de la Floride depuis la base de lancement de Cap Canaveral. Et ce n’est plus le fruit d’une extraordinaire imagination avant-gardiste. Il ne s’agit plus seulement d’envoyer des êtres humains dans l’espace et d’y survivre, mais d’analyser comment vivre dans un milieu extraterrestre totalement hostile. Ce n’est plus de la science-fiction, et désormais tous les domaines de la science, de la médecine et de la vie animale et végétale en général peuvent mener des expériences dans l’espace. Il est possible d’utiliser ces nouvelles connaissances afin de trouver des solutions pour répondre aux transformations climatiques et environnementales que l’on constate actuellement sur la planète Terre.
Des scientifiques de la Florida University (FU) envoient des graines à la Station Spatiale Internationale (ISS)
C’est une mission de recherches qui s’inscrit dans le cadre d’un projet d’agriculture spatiale dirigé par la FU en collaboration avec l’EMBRAPA, la branche brésilienne de recherche agricole, et Jaguar Space, pour le transport de la Terre à l’ISS.
Elle prend toute sa raison d’être quand on la replace dans le contexte des
variations climatiques que subit la Terre, et en particulier la sécheresse et la chaleur extrême qui s’installent et qui mettent plus que jamais à l’épreuve les agriculteurs américains qui voient leurs récoltes menacées, faute de semences adaptées à ces nouvelles donnes climatiques. On peut alors comprendre que les chercheurs de la FU aient été chargés de trouver des réponses et se soient engagés dans des recherches pour trouver des semences pouvant résister au réchauffement de la planète. Pour ce faire, il fallait mettre les semences actuelles dans des conditions encore plus extrêmes que celles vécues sur Terre et noter leurs réactions grâce à des expériences menées dans l’espace, qui offre un environnement plus stressant.
Wagner Vendrame, professeur au FU Institute of Food and Agricultural Science (FU/IFAS) Environmental Horticulture Department et membre du FU’s Astraeus Space Institute, a été chargé de mener ces recherches. Il décide, lors du lancement le 1er aout 2025 d’une fusée SpaceX Falcon 9 depuis Cap Canaveral emmenant alors un équipage vers l’ISS, d’envoyer à cette occasion des graines de plantes végétales. L’objectif est d’étudier comment des vols spatiaux pourraient affecter la génétique et la résilience des plantes.
Les quatre types de graines sélectionnées par la FU provenaient de plusieurs pays comme le Nigeria, le Pakistan et l’Argentine, mais aussi les États-Unis, avec des graines de fraises provenant du laboratoire de Vance Whitaker, professeur d’horticulture au Centre de recherche et d’éducation de la côte du Golfe dans la région de Tampa Bay, deux types d’orchidées de Floride provenant du laboratoire de Vendrame, ainsi que d’un type d’herbe à gazon, le Bahia grass, faisant partie du dépôt de semences de la FU.
Les graines devaient rester sans aucune manipulation dans la station spatiale pendant environ une semaine et revenir lors du prochain voyage de retour vers la Terre, où on les fera germer et finalement analysera les changements ou mutations potentielles.
Les tests génétiques des plantes de retour de l’espace comparés à ceux des graines de mêmes types cultivées sur Terre dans le laboratoire de Vendrame, donneront à l’équipe de recherche une vision de la façon dont des plantes spécifiques changent lorsqu’elles subissent le stress de la microgravité et les conditions difficiles de la rentrée sur Terre. Notons que la FU avait déjà procédé à ce genre de tests car le Space Plants Lab du département d’horticulture avait précédemment envoyé des graines de cresson de Thale, connu scientifiquement sous le nom d’Arabidopsis thaliana, à l’ISS et noté des changements génétiques sur ces plantes.
Ces expériences ne sont pas seulement une étape importante de la compréhension du comment faire pousser des plantes dans l’espace – ce qui sera important un jour futur lors de missions spatiales de longue durée et possiblement la colonisation de Mars et de la Lune – mais elles permettent également de recueillir des informations sur la façon dont les graines s’adaptent à des conditions difficiles et sont capables d’être plus fortes pour supporter des conditions météorologiques plus intenses sur Terre.
La Florida University (FU) lance un nouveau programme de médecine spatiale sous l’égide du Collège de médecine
Avec la mise en place de ce programme, la FU veut remédier au décalage entre les processus médicaux et ceux de l’ingénierie, et combler ainsi les lacunes en matière de communication et de compréhension professionnelle entre deux domaines fondamentalement liés à la gestion des risques.
Pour cela, Peter Alexandrov, M.D., médecin urgentiste de la FU et membre de l’Institut spatial Astraeus, a dû suivre une formation accélérée et complexe de deux mois au sein de la compagnie VAST, une société spatiale privée qui espère bientôt lancer la première station spatiale commerciale au monde. Son séjour consistait à intégrer son expertise médicale dans un processus d’ingénierie de conception hautement technique, ainsi que des systèmes humains propres à des missions spatiales de longue durée. Il a travaillé en étroite collaboration avec le médecin de vol en chef de VAST, Dana Levin, M.D., les équipes d’ingénieurs de la propulsion à Long Beach, en Californie, ainsi que des ingénieurs du système organique humain et de l’alimentation, pour n’en nommer que quelques-uns.
Le programme mis en place par Peter Alexandrov devrait comprendre non seulement l’une des rares bourses de médecine spatiale du pays visant à positionner la FU comme une plaque tournante pour la formation des médecins de l’espace, mais aussi soutenir ainsi la mission de l’Institut spatial Astraeus qui a pour vocation de concevoir des missions afin de rendre l’espace plus accessible aux êtres humains.
Sources : https://news.ufl.edu – www.wikipedia.orgLA NASA POUR MENER À BIEN SES









