Les vendeurs au sud de la Floride retirent en masse leurs biens immobiliers de la vente, car ils n’arrivent pas à en obtenir le prix qu’ils souhaitent.
D’après une étude de Realtor.com, il y a eu un taux moyen de 59 délistings pour 100 nouvelles annonces immobilières en juin dans l’agglomération de Miami.
Pourtant l’inventaire est encore très élevé, avec plus d’un million d’annonces immobilières actives en Floride en juillet, ce qui est un record depuis la pandémie de la COVID-19. Les raisons sont multiples : moins de gens emménagent en Floride depuis d’autres États; les acheteurs immobiliers sont petit à petit exclus du marché à cause des prix trop élevés; et certains propriétaires vendent leurs résidences secondaires car leur entretien (travaux, assurance) est trop coûteux.
En conséquence, les biens restent plus longtemps sur le marché : en Floride du Sud, le délai de vente était allongé de 16 jours supplémentaires en juillet 2025. Et comme le souligne Lauren Brensel du South Florida Sun Sentinel, les prix médians des nouvelles annonces affichent une des plus fortes baisses de prix parmi toutes les agglomérations américaines étudiées : ils sont passés de 535 000 $ en juillet 2024 à 509 950 $ en juillet 2024 (-4,7 %).
Brensel a interrogé Mike Pappas, le directeur de la société immobilière The Keyes Company : selon ses observations, les propriétaires qui n’ont pas d’urgence à vendre préfèrent attendre que négocier, car ils ont beaucoup de capital investi dans leur bien immobilier. Ce sont plutôt les personnes en situation de changement de vie (divorce, retraite, besoin d’agrandir ou de réduire la taille de leur domicile) qui restent sur le marché, car la vente de leur bien immobilier correspond à un besoin.
En attendant, les délistings sont importants, et selon Pappas : « C’est justement ce qui soutient les prix car les vendeurs disent : Je ne vendrai pas à un prix plus bas, ce qui maintient en réalité les prix pour les autres. On est vraiment dans un équilibre délicat entre les vendeurs et les acheteurs, et on ne sait pas encore qui va l’emporter. »
Propriétaires de condominiums et la solution de la dissolution
La situation reste complexe pour les propriétaires de condos. Dans les immeubles nécessitant des réparations de plusieurs millions de dollars, ils se demandent si leur logement vaut encore la peine d’être sauvé.
Rebecca Liebson du Tampa Bay Times a interrogé Juan Farach, partenaire au cabinet Shubin Law Group, spécialisé dans les questions de copropriété : « La dissolution pourrait devenir une stratégie de sortie pour certains bâtiments mal entretenus depuis de très nombreuses années, où il est difficile de rattraper le retard ».
Ce processus long et complexe nécessite légalement l’accord de 80 % des propriétaires (parfois plus selon les statuts), et une minorité de 5 % peut faire blocage.
Cela crée souvent des problèmes juridiques : si certains propriétaires sont ravis de se débarrasser d’un condo un peu vieillot, d’autres refusent de vendre car ils ne pourraient financièrement pas se reloger ailleurs. C’est souvent devant un tribunal que ces affaires finissent par se résoudre.








