SOMMES-NOUS TOUS TRAQUÉS ? LE DÉBAT EXPLOSIF AUTOUR DES CAMÉRAS « FLOCK »

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Les automobilistes sont habitués à apercevoir ces petites caméras qui fonctionnent à l’énergie solaire à tous les coins de rue. Mais quand la surveillance s’infiltre à l’entrée des lotissements, à chaque croisement de rue, pour tous les véhicules et à toute heure du jour et de la nuit, cela devient intrusif et porte atteinte à la vie privée de tout un chacun. C’est ce qu’ont revendiqué des milliers de manifestants fin août dans tout le pays. 

Sous la pression populaire et face à la multiplication des actes de vandalisme citoyen anti-caméras, de nombreux États, dont la Floride, ont annulé tous les permis d’accès à la base de données Flock pour les départements de police locale, pour les caméras dites « Flock », du nom de la société qui les distribue. Selon le Florida Department of Transportation, ces caméras doivent être retirées début octobre maximum. 

À l’inverse des caméras plus classiques, qui ne s’activent et n’enregistrent que lorsqu’un feu rouge est grillé ou en cas d’excès de vitesse, la technologie dite ALPR (Automated License Plate Readers) enregistre tout, et pas seulement les cas d’infraction routière. Et grâce à l’IA, elle filtre les images de façon très fine. Un officier de police peut demander au système « tous les véhicules avec des conducteurs avec un tee-shirt bleu et une casquette », voire identifier les autocollants ou les pare-chocs endommagés à l’arrière d’un véhicule. 

Utiles aux forces de l’ordre

Il existe 120 000 caméras ALPR dans tout le pays, et 10 000 en Floride : elles scannent toutes les plaques d’immatriculation sans exception. Elles sont très utiles aux forces de l’ordre lorsqu’il faut retrouver un véhicule suspect rapidement. Le 27 juillet dernier, une jeune fille de 13 ans du comté de Monroe a été enlevée chez elle, et le shérif du comté de Marion a utilisé les caméras Flock pour traquer le véhicule en temps réel et la retrouver saine et sauve. 

De nombreux abus et des erreurs

Mais selon l’American Civil Liberties Union (ACLU), les caméras ALPR commettent des erreurs de lecture de plaque dans un cas sur dix, engendrant des arrestations erronées comme à New York, où des citoyens ont été violemment arrêtés à tort, voire blessés par un chien policier à la suite d’une mauvaise identification du véhicule. 

De plus, de nombreux cas d’abus ont été signalés, car l’accès à la base de données de Flock était relativement souple. Des douzaines d’officiers de police municipale l’ont utilisée pour suivre et harceler des particuliers. Un adjoint du shérif du comté de Monroe a été arrêté après que les autorités ont déclaré qu’il aurait harcelé une femme qu’il avait rencontrée récemment.

Au Texas, un agent des forces de l’ordre a effectué une recherche à l’échelle nationale dans plus de 83 000 caméras Flock pour retrouver une femme ayant eu recours à un avortement.

Par ailleurs, les forces de police qui ont collaboré avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) ont aidé à l’arrestation d’immigrants illégaux grâce aux caméras ALPR. 

Et maintenant ?

Flock assure que l’accès est désormais réservé aux policiers ayant une raison légitime de procéder à une recherche de plaque, et que les données ne sont sauvegardées que pendant sept jours (contre 30 auparavant), sauf à la demande expresse des autorités. 

Où sont les caméras Flock ?

Les informations officielles ne sont pas communiquées mais de nombreux sites participatifs sont disponibles, où l’on peut vérifier où les caméras ALPR sont installées dans son quartier: 

https://deflock.org; https://eyesonflock.com; https://haveibeenflocked.com.