Un débat agité a émergé en Floride du Sud autour de l’implantation possible de centres de données de l’intelligence artificielle, et Trump et DeSantis ne voient pas les choses sous le même angle. Plusieurs projets sont à l’étude, et au cœur de la discussion, le « Projet Tango » propose l’installation d’un grand centre de données dans le comté de Palm Beach, près de Wellington et Loxahatchee.
Les opposants
Les tensions ont explosé en décembre dernier lors d’une réunion municipale. Près de cinquante résidents ont exprimé vivement leur indignation : ce type de centre consomme énormément d’eau et d’électricité, pose des risques en termes de pollution, et génère du bruit, sans représenter un bénéfice clair pour les populations locales.
Corey Kanterman est un des résidents de Loxahatchee qui s’oppose au projet, et a fait une pétition qui a accumulé plus de 8 000 signatures : « Rien de bon ne vient du fait d’avoir un centre de données d’IA près de chez soi. Il faut les installer là où leur impact sur l’environnement et les populations est minimal. Cet endroit ne répond pas à ces critères. »
DeSantis semble être de son avis
Alors même que Trump a signé en décembre un décret visant à déréguler et limiter l’autorité des États face au développement des centres de données pour l’IA, le gouverneur de Floride proposait quelques jours après un nouveau projet de loi floridien, la Citizen AI Bill of Rights, pour protéger les communautés face à un développement effréné.
Même s’il reconnaît que ces centres de données attirent les professionnels de la tech vers la Floride, ce qui est profitable à l’État, il s’oppose également à toute potentielle subvention étatique pour l’installation de ces centres : « Vous ne devriez pas avoir à payer un centime de plus pour les services publics — eau, électricité, tout ça — parce que ce sont parmi les entreprises les plus riches de l’histoire de l’humanité. Elles ne devraient pas pouvoir refiler des coûts supplémentaires à des gens, déjà accablés par des dépenses élevées dans d’autres domaines. »
L’avis nuancé d’un expert
Nick Tsinoremas, directeur du Frost Institute for Data Science and Computing de l’Université de Miami, est un expert en intelligence artificielle. Il comprend la frustration des résidents car ces centres exigent de grandes capacités de refroidissement et une forte consommation électrique.
Pour le bruit, il estime que cela est gérable, notamment avec des techniques d’isolation acoustique. Mais la préoccupation première est de savoir si les communes ont une grille électrique suffisante pour fournir une telle électricité, ce qui risque fort de ne pas être le cas. Qui paierait alors les frais d’infrastructures nécessaires pour augmenter les capacités de production ?
Enfin, ces centres doivent prendre en compte le climat de la Floride, et particulièrement son exposition aux ouragans : est-ce qu’ils seront construits en gardant à l’esprit la résilience aux vents et aux inondations ?
En somme, ces centres doivent être construits avec des garde-fous et des études d’impact sur l’environnement.
« Cela crée des emplois. Cela attire des entreprises et bien plus encore », déclare Tsinoremas à WLRN : « Nous devons simplement être responsables et comprendre que ce n’est pas quelque chose que l’on peut installer à la va-vite. »









