N’oubliez pas vos médicaments

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Les Canadiens font le plein de médicaments avant de s’amener en Floride, pour un séjour court ou long.

On peut les comprendre lorsque l’on voit les sommes faramineuses que coûtent les pilules aux États-Unis. Cela dépasse l’entendement et rien ne semble y faire pour voir une chute des prix.

Au contraire, le montant pour ces médicaments d’ordonnance ne cesse de grimper.

Les hausses sont scandaleuses dans certains cas. En une semaine, le coût du Daraprim, seul traitement approuvé pour une infection parasitaire potentiellement mortelle, a fait un bond infect de 5 000%, ce qui transforme cette pilule, produite par Turing Pharmaceuticals, en un petit zircon de $750 pièce.

Devant les milliers de protestataires, dont Hillary Clinton, qui a dénoncé cette voracité honteuse et abusive, le PDG de l’entreprise s’est engagé à faire un sérieux ajustement de cette calamité.

Le problème ne pointe pas seulement sur le Daraprim.

Plusieurs compagnies pharmaceutiques abusent de leur pouvoir et imposent des prix usuraires.

Entre 2008 et 2014, les déboursements moyens pour les médicaments les plus consommés ont fait un bond vertigineux de 128%.

L’an dernier, aux États-Unis, les dépenses totales de médicaments d’ordonnance se sont envolées de 13%.

Pourquoi

Deux facteurs expliquent cette cupidité à haute échelle. Le manque de concurrence chez les fabricants et la pénurie de médicaments. Il faut ajouter à cela la rareté de produits génériques.

Les pharmaceutiques utilisent un argument pour le moins fallacieux pour justifier ces prix scandaleux. Ils estiment que les médicaments d’ordonnances permettent d’éviter des coûts d’hospitalisation. Argument qui ne tient pas la route.

Pour un patient atteint du cancer, de l’hépatite C ou d’une maladie moins répandue, il en coûte annuellement environ 100 000 dollars uniquement pour sa médication. Horreur.

Des centaines de milliers de patients ne peuvent s’expliquer une telle surenchère.

L’indifférence du gouvernement américain devant cette énormité, frôle l’indécence. Aucun contrôle des prix n’existe, probablement en raison du lobby des pharmaceutiques qui supportent, sans le moindre doute, les caisses électorales américaines.

Contrairement à la majorité des pays du G7 par exemple, aux États-Unis, ce sont les fabricants de médicaments qui fixent les prix de gros selon la concurrence et la qualité du produit fourni à la pharmacie.

Autre incongruité ; la durée des brevets qui vaut aux fabricants l’exclusivité du médicament et qui écarte donc la concurrence sur une période de 20 ans. Cela équivaut à un véritable monopole, ce qui permet aux compagnies d’imposer des hausses de 5% par année.

Générique

Les producteurs de médicaments ont beaucoup de lassitude aux É-U. Lorsque les pilules génériques sont apparues sur le marché elles ont été vendues à un prix trop bas pour permettre une rentabilité. Devant cette situation, les fabricants ont abandonné ce secteur ce qui a provoqué une rareté, au cours de la dernière décennie. Rareté venue du manque de matière première ou de défaut de fabrication. En économie de production lorsque les stocks baissent les prix grimpent.

Lorsqu’une pharmaceutique interrompt sa production, le gouvernement la pénalise en retardant sa remise en marché.

Dans ces cas, les plus gros en profitent pour avaler les petits, confortent leur monopole et poussent les prix au maximum.

C’est exactement ce qui est survenu dans le cas du Daraprim, la compagnie Turing profitant de son exclusivité pour engranger des profits qui dépassent l’entendement.

Comme la recherche nécessite des déboursés inimaginables pour un seul médicament, les producteurs tentent d’équilibrer leur budget lors de la vente du produit.

La recherche devient de plus en plus chère. Les groupes de l’industrie disent qu’il peut prendre environ une décennie et plus d’un milliard de dollars pour en arriver à un nouveau médicament approuvé.

Les coûts de fabrication des nouveaux médicaments biologiques à partir de cellules vivantes demandent des investissements à haute échelle, surtout que les premiers résultats rencontrent rarement les normes et n’atteignent pas leur cible en termes d’efficacité.

Cela dit, les pharmaceutiques doivent injecter de véritables fortunes pour découvrir la solution médicamenteuse à une maladie. Personne n’est sans savoir que ce marché rapporte des montagnes de dollars, encore plus lorsque l’on voit des majorations exponentielles comme dans le cas du Daraprim.

Pour le moment, personne ne semble savoir où l’exploitation des malades, surtout des démunis, s’arrêtera.

C’est connu, s’attaquer aux pharmaceutiques est une escalade de l’Everest.

En attendant, « Snowbirds canadiens », ne partez pas sans votre trousse de médicaments.

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