Les titres des journaux spécialisés dans les affaires se suivent et se ressemblent, alors que les milliardaires continuent de migrer en masse vers la Floride.
Récemment, c’est Larry Page, le cofondateur de Google, qui vient d’acquérir des propriétés sur le front de mer le plus exclusif de Miami, dans le quartier surnommé « Billionaire Bunker ». Il se constitue discrètement un domaine, tout en réduisant considérablement sa facture fiscale, en transférant sa résidence dans un État à faible imposition, depuis la Californie.
Entre décembre 2025 et janvier 2026, Page a ainsi acheté deux demeures luxueuses à Coconut Grove, pour un total de 173 millions de dollars, en front de mer et avec des quais privés, garantissant sécurité et vie privée : la première pour une valeur de 101,5 millions $ appartenait au restaurateur Jonathan Lewis; la seconde pour 71,9 millions $ était à l’héritière Sloan Lindemann Barnett et son mari.
Le déménagement de Page s’inscrit dans une stratégie désormais courante chez les ultra‑riches, qui utilisent de plus en plus l’immobilier de luxe et le changement de résidence comme outils d’optimisation fiscale. Il copie ainsi la stratégie fiscale de Jeff Bezos, qui a acheté trois propriétés près de Miami sur l’île d’Indian Creek.
D’ailleurs, des rumeurs indiquent qu’un autre cofondateur de Google, Sergey Brin, serait également en recherche d’une propriété à Miami à hauteur de 50 millions de dollars.
D’après l’agent immobilier Brett Harris, une centaine de milliardaires sont en train de réaliser la même migration et son téléphone chauffe. En cause ? Un projet de loi en Californie, qui taxerait de 5 % supplémentaires les résidents californiens à la fortune de plus d’un milliard de dollars.
Comme l’explique Danny Hertzberg, du groupe Jills Zeder chez Coldwell Banker, pour TheRealDeal : « Tout le monde pensait que ça allait être une histoire venant de New York et Mamdani [à propos des migrations d’ultra-riches], mais ça vient de la Californie ». Il affirme n’avoir jamais été aussi sollicité depuis 2021.
De même, l’agent immobilier Julian Johnston, du groupe Corcoran, explique être en contact direct avec trois milliardaires qui souhaitent migrer en Floride depuis la Californie, principalement de Palo Alto, et qui n’ont pas beaucoup fréquenté la Floride jusqu’à maintenant. L’un d’eux lui a déclaré : « Cette taxe californienne pourrait me coûter jusqu’à cinq milliards de dollars », un problème d’ultra-riche pour lequel il est difficile de compatir.
Ceci dit, la Floride attire les milliardaires aussi parce qu’elle n’impose ni droits de succession ni droits d’héritage, qu’elle applique des taxes foncières relativement faibles (par rapport à d’autres États) et qu’elle offre un environnement d’affaires accueillant.
Et le mouvement continue : le milliardaire Ron Shaich, propriétaire de Panera Bread et investisseur dans la restauration (Cava, Au Bon Pain…), vient d’acquérir une propriété luxueuse de 12 millions de dollars (off-market) dans la tour résidentielle Grove at Grand Bay, développée par David Martin, tout en gardant le siège de son entreprise au Massachusetts.
Larry Ellison, cofondateur d’Oracle, poursuit quant à lui sa virée de magasinage sur la petite île exclusive de 400 habitants de Manalapan, située à 20 minutes de Mar-a-Lago. Le cinquième homme le plus riche du monde y a acquis pour 450 millions de dollars de biens immobiliers, dont l’hôtel Eau Palm Beach Resort & Spa de 300 chambres pour 277 millions $.
Ken Griffin, fondateur du fonds d’investissement Citadel, a lui aussi dépensé 450 millions de dollars au fil des ans pour se constituer un domaine de 25 acres à Palm Beach. Le cofondateur de PayPal, Peter Thiel, a lui étendu sa présence en Floride en ouvrant un bureau à Miami pour son fonds d’investissement.
Visiblement, le mouvement n’est pas près de s’arrêter.








