L’ouragan Trump, le Québec suffoque

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Les sévères mesures protectionnistes que le nouveau Président des États-Unis, Donald Trump, entend imposer aux nombreuses entreprises multinationales qui importent sur le territoire américain, soulèvent une onde de choc au Canada, particulièrement au Québec.

Depuis l’assermentation du Président, les gouvernements de ce pays frontalier ne savent plus sur quel pied danser.

Avant même sa prise du pouvoir, le Président avait convaincu plusieurs multinationales à rentrer au pays pour y injecter des milliards de dollars et créer des milliers d’emplois plutôt que de choisir des pays étrangers où la production se fait à des coûts nettement inférieurs.

De là, la nervosité du gouvernement Philippe Couillard et ses intentions de prévenir les coups en s’investissant davantage aux États-Unis, particulièrement auprès des décideurs des 35 états avec qui le Québec brasse des échanges commerciaux majeurs.

Si le gouvernement de Justin Trudeau est secoué par la menace du nouveau Président de déchirer le pacte de l’Alena, le Québec l’est tout autant parce que les États-Unis restent son principal partenaire économique aussi.

Depuis l’entrée en vigueur de l’Alena le 1er janvier 1994, les échanges commerciaux entre le Canada et les États-Unis ont triplé.

Ils ont atteint les 670 milliards de dollars en 2015.

Le Québec est la principale porte d’entrée des États-Unis au Canada. Si le Canada et son pays voisin sont les plus importants partenaires commerciaux de la planète, cela signifie également que l’économie du Québec est totalement tributaire des humeurs du marché économique des USA.

Les échanges de biens et services entre les deux, valsent annuellement près des 55 milliards de dollars, ce qui représente 70% de toutes les exportations du Québec à l’étranger.

Au cours de la précédente décennie, de 2000 à 2010, c’était 85% des exportations québécoises qui prenaient la direction des États-Unis.

La crise financière de 2008, la faiblesse du huard à ce moment et la concurrence des pays émergeants, sont à l’origine de cette baisse de 15%.

Inquiétude

Pour revenir au Premier ministre du Québec, disons qu’il n’est pas particulièrement rassuré face aux messages du nouveau Président, qui ne se gêne pas pour recourir aux menaces à l’endroit des réfractaires à sa nouvelle politique.

On sait que les avertissements de Donald Trump visent surtout le Mexique et la Chine, où les faibles coûts de la main d’œuvre sont très profitables aux entreprises, ce qui n’est pas du tout le cas du Canada et du Québec où le salaire minimum est beaucoup plus élevé.

Le 1er mai, au Québec, il passera de 10,75 $ à 11,25 $ l’heure pour atteindre 12,45 $ en 2020.

Le salaire minimum aux États-Unis est 7,25 $ mais les états, tout comme les provinces canadiennes, légifèrent à ce niveau. En Californie, il atteindra 15,00 $ en 2022 mais dans l’état de New York, ce sera dès l’an prochain que les travailleurs pourront toucher les 15,00 $ l’heure.

Reste que l’envoie de l’Alena aux détritus viendrait déboulonner très sévèrement l’économie du Québec.

Philippe Couillard va donc multiplier les croisades au-delà de la frontière et il invite ses ministres à en faire autant, pour mieux faire connaitre aux gouvernements de différents états, les avantages de faire des affaires avec le Québec.

Parmi les 35 états américains partenaires commerciaux avec le Québec, le Texas et la grande région de New York sont les deux principaux marchés. Sans oublier la Floride.

Plus de 60,000 emplois au Québec sont liés aux échanges avec les États-Unis tandis que le traité du libre-échange procure du travail à neuf millions d’Américains.

Christine St-Pierre

Pour Christine St-Pierre, ministre des Relations internationales, rien ne sera plus pareil.

Mme St-Pierre, qui connait bien les rouages politiques de Washington pour y avoir été journaliste, correspondante pour Radio Canada plusieurs années, affirmait à la Presse Canadienne « la vie ne continue pas comme avant ».

« On voit que des choses s’en viennent à l’horizon, des choses qui sont inquiétantes » a-t-elle ajouté.

Pour la ministre, cet ouragan qui risque de bouleverser la bonne marche des exportations chez l’Oncle Sam, est à ce point sérieux qu’elle a rassemblé, à Washington, tous les responsables des délégations du Québec des principales villes américaines, afin de les sensibiliser sur l’importance d’ouvrir d’autres créneaux avec les états et les villes importantes.

La ministre qui, vendredi soir dernier, a assisté à l’entrée du Président à la Maison Blanche, veut ouvrir de nouveaux bureaux sur le territoire américain, multiplier les relations avec les gouvernements d’état et des villes, de façon à contourner les obstacles que pourrait dresser le nouveau gouvernement républicain.

«Il faut aller de l’avant, être sur le qui-vive, établir des contacts, rencontrer les gens sur le terrain, avoir un carnet de téléphone bien rempli et voir les personnes influentes au-delà de la frontière », insiste madame St-Pierre, qui rappelle comme exemple que 90 % du bois québécois exporté prend la direction des États-Unis.

On voit que le gouvernement québécois est effectivement sur un pied d’alerte.

Il sait qu’un microbe flotte dans l’air sans pour autant être capable de prévoir si les conséquences se traduiront par une petite grippe ou une pandémie.

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