Ce n’est pas un colloque ordinaire qui s’apprête à investir le campus de la Florida Gulf Coast University (FGCU) du 14 au 17 mai prochain. Pour la première fois de l’histoire de l’Université, des chercheurs et experts de partout dans le monde viendront partager leurs travaux sur la gentillesse.
Le forum K20 Kindness Summit n’est pas une fantaisie sentimentale. Les recherches scientifiques, autant en biologie qu’en psychologie, ont fait évoluer la notion de gentillesse en objet d’étude rigoureuse.
Dans un monde marqué par les clivages politiques, les replis identitaires et les tensions géopolitiques, l’Université de Fort Myers a fait le pari audacieux que la bienveillance peut constituer un langage universel.
Ce colloque consacre la gentillesse comme sujet d’études objectives soutenues par plusieurs disciplines.
La gentillesse agit sur le corps humain avec une précision que la biologie commence à peine à mesurer pleinement. Des neurosciences à l’immunologie, les recherches convergent vers une conclusion surprenante : être bon avec les autres est l’une des choses les plus saines que l’on puisse faire pour soi.
Dopamine, cortisol et sérotonine
Le cerveau libère de la dopamine, le neurotransmetteur du plaisir et de la motivation, à la suite d’un acte de gentillesse. Les images obtenues par IRM montrent que les zones du cerveau activées lors d’un don ou d’un geste gentil sont les mêmes que celles stimulées par la nourriture.
Les recherches tendent à démontrer que l’engagement altruiste régulier agit comme un frein puissant sur le cortisol, l’hormone du stress.
La sérotonine (neurotransmetteur qui règle l’humeur, le sommeil, l’appétit et le comportement) n’est pas en reste, car elle est stimulée même à la simple vue d’un geste de bienveillance. La gentillesse profite ainsi à trois personnes à la fois : celui qui la donne, celui qui la reçoit et celui qui observe la scène bienveillante.
Vieillir moins vite en étant meilleur
La gentillesse est loin d’être une fantaisie; elle s’inscrit dans les cellules de notre corps. Les capuchons protecteurs situés à l’extrémité des chromosomes, nommés télomères, sont plus longs chez les individus qui pratiquent régulièrement la gentillesse. L’un des marqueurs les plus fiables du vieillissement cellulaire est précisément la longueur de ces télomères : plus ils sont courts, plus le vieillissement est marqué. C’est pourquoi on vieillit moins vite en étant meilleur.
Psychologie, sociologie, économie
Il faut ajouter aux aspects discutés précédemment les recherches sur la dimension purement psychologique de la gentillesse, son impact économique et son poids sociologique.
On comprendra la pertinence de ce forum international et que les quatre journées qui y seront consacrées sont bien peu, compte tenu de l’ampleur des recherches et l’importance du sujet.
Le K20 Kindness Summit envoie un message clair : la gentillesse n’est pas une naïveté. Le cofondateur du colloque, Alan Williams, affirme même : « La gentillesse est une superpuissance ». En accueillant ce colloque, la Florida Gulf Coast University souligne que les universités ont un rôle à jouer dans la construction d’un monde plus humain et bienveillant.









