Fin des quotidiens écrits!

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Le monde du vrai journalisme en est un à part.

Pour celui qui en fait sa priorité, pour celui qui ne triche pas, et pour celui que seule la vérité est l’unique objectif : c’est la vocation.

Il y suffisamment de journalistes, mais il y a peu de bons journalistes.

Simplement parce qu’il faut avoir le feu sacré tout en adoptant un mode de vie flexible, puisque ce travail ne reconnait aucune grille horaire.

Ils ne se comptent plus ceux qui ne font que passer parce que les demi-mesures ne mènent à rien.

Malheureusement, ce métier ou cette profession se ratatine comme peau de chagrin.

Les mises à pied massives continuent à décimer les salles de rédaction des grands quotidiens, particulièrement en Amérique du nord.

Nous en avons déjà parlé ici dans le passé. Le phénomène s’amplifie à chaque année et le passage des publications papier au mode numérique accélère tristement la tendance.

Au Québec, le quotidien La Presse, un véritable monument, vient justement de franchir cette transformation et dorénavant, seule son édition du samedi passera sur les presses.

Comme ailleurs, les sources de revenus publicitaires décroissent de façon dramatique depuis plusieurs années dans les journaux écrits.

Cette industrie nord-américaine a vu fondre ses revenus commerciaux de 63 % entre 2006 et 2013. Une hémorragie qui a sonné le glas pour plusieurs quotidiens et entrainé d’autres dans un amas de difficultés financières.

Les ventes et les abonnements des quotidiens de cette partie du globe ont affiché, en même temps, un triste recul de 22 %, au cours de ces sept mêmes années.

La culbute est irréversible. Elle prend des proportions incontrôlables en raisons des coûts d’impression, du papier et des frais engendrés par les camions, qui sillonnent les routes nuit après nuit pour la distribution.

Les chiffres sont affolants. Une enquête auprès de 1,400 Quotidiens des États-Unis montre que chez les journaux tirant entre 100,000 et 250,000 copies le nombre de journalistes a chuté de 21,56%.

C’est effarant parce que cela signifie que chaque année, il y a 10% d’entre eux qui sont mis à la porte.

Le nombre de scribouillards est présentement aux USA le plus bas jamais enregistré depuis 1978. Oui depuis 37 ans. Depuis 2013, ils sont 3,800 reporters à avoir fait leurs bagages pour quitter une salle de rédaction.

Ils ne sont plus que 32,900 des 56,900 qu’ils étaient en 1990.

De très nombreux quotidiens passent de la publication papier à la méthode numérique et il en sera ainsi dans le futur.

Puis il n’y a pas que l’internet qui ravage les quotidiens. Les chaines de nouvelles continues 24 heures par jour frappent dans les flans des journaux.

Pourtant on assiste à un fléau de nouvelles radotées aux 15 minutes et à des sujets que l’on étire sans scrupule et les brides d’histoires sur internet, contribuent depuis déjà trop longtemps à étouffer le feu sacré des vrais bûcheurs, des vrais journalistes d’enquête.

Ces nouvelles formules, poussées par la technologie, massacrent tellement l’essence même du véritable journalisme que la course effrénée pour la nouvelle enlève souvent l’essentiel de l’histoire parce qu’il faut en même temps, penser à la prochaine histoire que l’on doit attraper.

Devant cette transformation à la fois triste et perverse, les quotidiens s’abaissent à monter leurs Unes avec des chiens écrasés, langage du milieu qui équivaut aux drames, aux meurtres, aux viols, aux abus et aux accidents de toutes sortes.

Parsemées sont les enquêtes qui nous révèlent les magouilles dans tous les milieux auxquels tout citoyen verse sa quote-part à un système démocratique, trop souvent sournois et tricheur.

Pire. Pendant que nos chaines de télévision populaire nous déversent à satiété et nous purgent ad nauseam, des télé-réalités insipides et ignorantes, les bulletins télévisés d’informations périclitent à vue d’œil et éloignent les lecteurs des quotidiens, faute de temps dépensé sur des émissions puériles.

Cet envahissement, sous toutes ses formes, finit par corrompre la pureté ce qu’est le vrai journalisme.

Internet avec toutes ses perversions rend, de plus en plus, ses adeptes gourmands et en fait des esclaves qui deviennent compulsifs autant qu’un joueur ou un junkie.

Tout ce bordel offert à la quotidienne, de la première à la dernière heure, assassine lentement ce qui, il y a 20 ans à peine, était le média sacré : le Quotidien.

Les puissants

Il y a moins d’une dizaine d’années, l’hémorragie se répandait tellement que les Washington Post, New York Time avec ses 1 200 journalistes, Chicago Tribune, Boston Globe, Los Angeles Time, ont déclenché l’urgence pour trouver l’antidote miracle.

Malheureusement, le mal les avait déjà charcutés. Il était trop tard. L’attaque a frappé trop vite, sans le moindre avertissement. Le réveil a été brutal.

Les remèdes apportés n’ont eu aucun effet. La plaie a continué à s’ouvrir. Elle fera des victimes et non pas parmi les inconnus. Non, le verdict anéantira un jour ce média qui coiffait tous les autres. Ceux qui tiraient les plus grands titres. Ceux qui faisaient trembler avec des Unes à la Watergate en première page.

Les Carl Bernstein et Bob Woodward du Washington Post, qui ont fait exploser ce scandale, ne semblent plus avoir d’émules.

C’est triste de le dire parce ces vrais journalistes créaient l’histoire sans la moindre bavure.

Du vrai, du cru, la vérité jusqu’au bout.

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