À Cape Canaveral, l’anticipation monte et les préparations s’activent pour le lancement de la mission Artemis 2 qui emmènera quatre astronautes vers la Lune, pour une première mission lunaire avec un équipage humain depuis une cinquantaine d’années.
Dans l’équipe, l’inclusivité est au rendez-vous. Parmi les trois astronautes de la NASA, on compte Christina Koch, la première femme qui entrera en orbite autour de la Lune; Victor Glover, le premier astronaute afro-américain qui fera le trajet; et le commandant Reid Wiseman. L’équipage est complété par un astronaute de la Canadian Space Agency, Jeremy Hansen, qui sera le premier Canadien à voyager autour de la Lune.
YouTube : https://youtu.be/wv9aylu5Cfw?si=xPtpKd4IZfVAEeWo
Décollage imminent
La mission pourrait décoller dès le 6 février 2026, et pas plus tard qu’en avril. La fusée ne se posera pas sur la Lune, mais tournera autour pendant dix jours afin de tester les systèmes et le matériel pour de futures missions d’exploration plus permanentes. En 2022, la mission Artemis 1 avait envoyé une capsule sans équipage pour préparer cette mission-ci.
Dans les années à venir, la NASA vise à lancer une série de missions avec équipage afin d’installer une station pour avoir une présence humaine continue sur la Lune au niveau du pôle Sud. C’est là que les scientifiques estiment qu’il y a de grandes réserves d’eau gelée. Celle-ci pourrait être extraite et traitée, et utilisée comme eau potable, comme source d’hydrogène et d’oxygène pour la respiration, mais aussi comme combustible pour les fusées.
Trump a donné un objectif clair à l’institution spatiale américaine : avoir un atterrissage lunaire réussi avant la fin de son second mandat en 2028.
Derniers préparatifs
Dans la deuxième moitié du mois de janvier, l’énorme fusée de 322 pieds (98 m) de haut nommée Space Launch System (SLS) sera lentement acheminée sur quatre miles (6,4 km) vers la base de lancement 39B du Kennedy Space Center de la NASA. Elle est le fruit d’un consortium industriel (dont Boeing), et sera surmontée par la capsule Orion dans laquelle les astronautes vivront, elle-même construite par Lockheed Martin.
Espérons que le spectacle sera visible depuis toutes les plages de la côte Est floridienne.
Autre grand projet pour 2026 : la démonstration de ravitaillement en orbite de Starship
Cette démonstration est essentielle pour Starship, la fusée de SpaceX, pour lui permettre de voyager au-delà de l’orbite basse de la Terre. C’est nécessaire avant qu’elle puisse honorer son contrat avec la NASA pour des missions lunaires ou sur Mars. Elle impliquera deux départs simultanés de fusées depuis le Texas ou la Floride. L’une tentera de transférer à l’autre des ergols ultrafroids, du méthane et de l’oxygène liquide. Un ravitaillement cryogénique de cette ampleur n’a jamais été tenté dans l’espace auparavant.
Grand projet de Blue Origin pour 2026
Le concurrent de SpaceX, Blue Origin de Jeff Bezos, est ambitieux : il projette de placer son atterrisseur lunaire Blue Moon Mark 1 (sans équipage) sur une de ses fusées New Glenn et d’effectuer un premier atterrissage sur la Lune. Avec 26 pieds (huit mètres) de haut et 10 pieds (trois mètres) de diamètre, ce sera le plus grand engin spatial jamais posé sur la Lune, s’il réussit.
La Chine dans la course à la Lune
L’objectif est clair : la Chine veut envoyer un équipage sur la Lune avant 2030. Prochaine étape : le vol-test du vaisseau Mengzhou devrait avoir lieu en 2026. Partiellement réutilisable, il est conçu pour transporter jusqu’à sept personnes vers la station spatiale chinoise Tiangong, ou un équipage plus réduit lors de voyages vers la Lune. Il finira par remplacer la capsule habitée Shenzhou, adaptée aux missions en orbite terrestre basse. Autre étape cruciale en 2026 : la mission robotique Chang’e 7 se posera dans la région du pôle Sud de la Lune, près du cratère Shackleton où l’on pense qu’il existe de la glace. Si elle réussit, la mission Chang’e 7 sera la première mission à localiser et caractériser des dépôts de glace à la surface de la Lune, devançant des missions américaines similaires d’un an ou plus.
Télescope spatial Roman de la NASA
Le nouveau télescope, nommé Nancy Grace Roman en hommage à la première femme astronome en chef de la NASA, sera 100 fois plus large que Hubble et couvrira 50 fois plus de surface en cinq ans que Hubble en trente ans. L’assemblage de Roman est terminé depuis décembre 2025, ouvrant la voie à une série de tests environnementaux avant son lancement, prévu au plus tôt en septembre 2026 à bord d’une fusée SpaceX Falcon Heavy.
Mission Platon européenne
La prochaine mission scientifique de classe moyenne de l’Agence spatiale européenne, nommée en hommage au philosophe grec Platon, pourrait devenir le chasseur de planètes le plus prolifique jamais envoyé dans l’espace. Platon recherchera des exoplanètes en détectant de minuscules baisses de luminosité lorsque des planètes passent devant d’autres étoiles. Il est spécialement conçu pour trouver des analogues Soleil‑Terre, c’est‑à‑dire des planètes rocheuses potentiellement habitables autour d’étoiles semblables au Soleil.
Les Japonais en route vers Mars
La mission Martian Moons Exploration (MMX) tentera d’atterrir jusqu’à deux fois sur Phobos, l’une des lunes martiennes, et de collecter des échantillons pour un retour sur Terre prévu en 2031.
Mise à jour pour le projet Amazon de satellites
L’ex‑projet Kuiper, renommé Amazon Leo en novembre 2025, concurrent des satellites Starlink, a déjà permis à la firme américaine de lancer plus de 180 satellites en date de décembre 2025, lors de sept lancements différents sur l’année 2025. L’objectif est un début de service d’internet rapide et fiable dans cinq pays (dont les États-Unis, mais les autres n’ont pas encore été confirmés) dès le premier trimestre 2026. La FCC (Federal Communications Commission) avait exigé qu’Amazon ait 50 % de la constellation en orbite avant juillet 2026 (soit 1 618 satellites), mais pourrait accorder des délais supplémentaires, car cela semble impossible à tenir au vu de l’ampleur du projet.









