Technologie et démocratie, un mariage difficile

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Il semble bien que nous ayons sous-estimé les menaces que font peser les différents usages de la technologie sur la démocratie. C’est ce que révèle une étude menée par Pew Research Center auprès de 979 experts en innovation et développement technologique.

Seulement une minorité d’experts en technologie reste positive quant à l’avenir de la démocratie à l’ère du numérique. La majorité d’entre eux pensent au contraire que l’utilisation de la technologie affaiblira la démocratie au cours de la prochaine décennie. 

La vitesse et l’ampleur de la distorsion de la réalité (désinformation), liées au déclin du journalisme et à l’impact d’un capitalisme de surveillance (reconnaissance vocale, faciale, collectes de données, etc.), sont les principaux facteurs conduisant au déficit démocratique à venir. « La haine, la polarisation, la simplification excessive et le manque de réflexion approfondie sont et seront en augmentation » d’après Alejandro Pisanty, professeur à l’Université nationale du Mexique.  

La désinformation a pour effet de miner la confiance dans les institutions. C’est le but recherché. Annemarie Bridy, professeure de droit spécialisée dans l’impact des nouvelles technologies, ajoute que : « La désinformation virale en ligne continuera d’être une menace sérieuse pour les institutions démocratiques […] ».

Selon Susan Etlinger, analyste chez Altimeter : « Inverser les dégâts de l’ère des « fausses nouvelles » était déjà assez difficile […] cela deviendra exponentiellement plus difficile à mesure que les « profondes fausses nouvelles » (Deepfakenews) deviendront la norme ». Michael Wollowski, professeur au Rose-Hulman Institute of Technology affirme que : « Si les citoyens ne peuvent pas se forger une opinion impartiale, la démocratie est perdue. La technologie conçue pour désinformer surpassera les technologies conçues pour informer ».

Les experts sont également préoccupés par le déséquilibre du pouvoir entre les grandes entreprises de technologie et les utilisateurs, considérant l’utilisation des données personnelles qu’elles exploitent. Christian Huitema, président de Private Octopus, résume bien le fondement de cette préoccupation : « Plus de données implique plus de pouvoir sur l’utilisateur […] ». Neal Gorenflo, cofondateur, rédacteur en chef et directeur exécutif de Shareable, ajoute : « Actuellement, seules quelques grandes entreprises contrôlent notre vie numérique […] »  Gorenflo insiste pour dire que le déclin des institutions démocratiques est inévitable si l’asymétrie de pouvoir entre les propriétaires des plates-formes numériques et les utilisateurs se creuse davantage.

Un autre facteur de déficit démocratique, selon les experts, est la montée du tribalisme par l’usage de la presse partisane, où n’importe quelle affirmation est mise en ligne au détriment du journalisme objectif.

En conclusion : sans une utilisation responsable de la technologie, il est difficile d’être optimiste quant à l’avenir de la démocratie. « Internet amplifie les tendances qui nous accompagnent depuis un certain temps : l’extrémisme et l’apathie » Pamela McCorduck.

 

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