Le Soleil de la Floride

PLUS DE 460 ANS D’HISTOIRE À VOUS OFFRIR  

Bien avant les 13 colonies anglaises d’Amérique et la naissance des États-Unis d’Amérique il y a 250 ans, la côte Est de l’Amérique du Nord, et tout particulièrement la Floride en bordure de l’océan Atlantique, a connu des activités humaines. Elles remontent, suivant les connaissances actuellement, à plus de 16 000 ans pour la Floride et dans certains cas à 40 000 ans pour les peuples dits « paléoindiens » venant d’Asie par le détroit de Béring et moins de 500 ans pour les peuples européens venant de l’est après avoir traversé l’océan Atlantique. Espagnols, Portugais, Français et Anglais allaient s’affronter lors d’une conquête territoriale et coloniale qui allaient jeter les bases sociopolitiques de l’Amérique. 

Berceau de la plus ancienne colonie européenne habitée en continu aux É.-U.

Aujourd’hui, alors que le mois de septembre apporte des températures légèrement plus fraîches et que la saison des ouragans bat son plein, c’est l’occasion de découvrir autre chose que les plages de la région et de prendre connaissance d’une ville qui a plus de 460 ans d’histoire à offrir.

St. Augustine, fondée le 8 septembre 1565 par des colons espagnols, est considérée comme la plus ancienne colonie européenne établie et habitée en continu dans ce qui est aujourd’hui les États-Unis d’Amérique, dans une région habitée depuis toujours par les Timucua, vivant alors dans des petits villages le long de la rivière St. Johns. Le nom de St. Augustine donné par le chef de l’expédition, l’amiral Pedro Menéndez de Avilés, commémore le jour dédié à St. Augustin, le 28 août, date à laquelle onze jours plus tôt, ses navires transportant des colons, des troupes et des fournitures venant d’Espagne avaient aperçu pour la première fois la terre de Floride.

St. Augustine en 2026, une ville où le passé et le présent se mélangent 

L’ « Historic Downtown » est la partie la plus ancienne de la ville, avec de nombreux bâtiments datant des années 1700 empruntant le tracé de rues qui existaient bien avant cela. C’est un quartier piétonnier inscrit au Registre national des lieux historiques, tout comme plus de 20 sites historiques, des musées et des églises.

Flâner dans St. George Street, c’est faire une promenade à la fois dans le temps passé, mais aussi dans le temps présent, car on peut y faire des achats dans des boutiques en tous genres, dîner dans un restaurant, s’arrêter dans un café, un bar, une pâtisserie pour se détendre et écouter de la musique live tout aussi bien que de visiter un musée, ou découvrir un monument historique comme l’ancienne porte de la ville datant de 1808. 

Alors que St. George Street attire le gros de la foule, les rues avoisinantes plus tranquilles offrent des petites galeries et des boutiques, ainsi que des résidences privées avec des cours cachées et des surprises hors des sentiers battus.

Pour mémoire citons également les lieux suivants qui méritent d’être visités : Lightner Museum, installé aujourd’hui avec le City Hall dans l’ancien Hotel Alcazar, Ximenez-Fatio House, Flagler College, installé aujourd’hui dans l’ancien Ponce de León Hotel pour découvrir plus de 130 ans d’histoire, d’art et de splendeur architecturale, St. Augustine Light, Cathedral Basilica of St. Augustine et sa façade de style roman, Tolomato Cemetery and Huguenot Cemetery, Old St. Johns County Jail, ou encore St. Augustine Alligator Farm Zoological Park. 

L’emblématique fort San Marcos de St. Augustine

Entre 1565 et 1668, date à laquelle fut décidé de construire un fort en « coquina » (roche sédimentaire calcaire formée essentiellement de coquilles incomplètement consolidées), neuf fortifications en bois ont été construites pour protéger la ville des autochtones Timucua, des pirates et des autres puissances coloniales comme la France (voir ci-dessous) et par la suite l’Angleterre.

Aujourd’hui, grâce au Bridge of Lions, il est facile depuis le centre-ville de St. Augustine de se rendre au Castillo de San Marcos situé en bordure de mer au 1 South Castillo Drive, St. Augustine. Lors des visites, des présentations audiovisuelles sont proposées plusieurs fois par jour, ce qui permet de découvrir les expositions qui retracent les différentes périodes d’occupation du fort ou celle consacrée au matériel de guerre. Il est également possible d’assister à des tirs de canon et de mousquet, qui se font généralement les samedis et dimanches en fonction de la météo et du personnel bénévole disponible à 10h30 et 11h30 ainsi qu’à 13h30, 14h30 et 15h30. Le fort est fermé à Thanksgiving et à Noël. Un stationnement est disponible devant le Castillo et dans les rues environnantes.

Le Fort français La Caroline avant le fort espagnol de St. Augustine en 1565

Le Fort Caroline, dont le mémorial est situé aujourd’hui sur les rives de la rivière St. Johns dans le comté de Duval, a fait partie d’une tentative de colonisation française en Caroline et Floride de 1562 à 1565, sous le règne de Charles IX. Il fut fondé sous la direction de René Goulaine de Laudonnière le 22 juin 1564, afin d’accueillir des colons protestants huguenots enrôlés par Jean Ribault. 

La colonie française entra en conflit avec les Espagnols catholiques, quand ils se sont établis plus au sud avec la création du fort St. Augustine le 8 septembre 1565. Plus nombreuses et mieux armées, les troupes espagnoles, sous le commandement de Pedro Menéndez de Avilés, vont le 20 septembre attaquer et piller le fort La Caroline. D’autre part les troupes françaises sous le commandement de Jean Ribault ayant pris la mer pour attaquer le fort St. Augustine vont jouer de malchance et vont être prises dans une très forte tempête tropicale qui va détruire la majeure partie de la flottille française et jeter les hommes à l’eau. Ceux qui réussiront à rejoindre la côte vont être massacrés le 20 septembre 1565 par les troupes espagnoles sous prétexte que ce sont des hérétiques protestants.

Finalement, les Espagnols vont finir par prendre le contrôle du fort La Caroline et l’occuper jusqu’en 1569 sous le nom de fort San Mateo. 

Pour la petite histoire, découverte en 2016 de l’épave du bateau de Ribault

Parmi les objets identifiés sous l’eau, dans l’épave du bateau située au large de Cap Canaveral, on a trouvé des canons en bronze ornés de fleurs de lys et une colonne en marbre portant le blason du Royaume de France. Ces découvertes faites par la société privée de recherches sous-marines Global Marine Exploration ont été confirmées par le tribunal fédéral de Tallahassee en 2018, qui en outre, a reconnu la France comme la nation qui avait les droits de propriété sur l’épave. Une découverte venant confirmer les faits énoncés en début de texte. 

Sources : www.visitstaugustine.com/article – www.wikipedia.org

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