« Depuis le décret du président Trump du 27 janvier 2025, toutes les subventions de recherche sont suspendues aux États-Unis. En réalité, ce décret est lui-même mis sur pause, car il est débattu devant les tribunaux. Cependant, dans l’attente d’une décision de justice, l’administration Trump a suspendu à son tour toutes les réunions de présentation scientifique ainsi que tous les paiements vers les instituts nationaux de recherche, mettant ainsi le monde des chercheurs universitaires dans la confusion. Cette situation pourrait remettre en cause, ou au moins retarder, certaines recherches comme celle dont il est question dans cet article. »
On a retrouvé des descriptions de cette affection parasitaire dans des écrits très anciens. Elle était alors souvent qualifiée de fièvre intermittente des terres humides ou inondées, d’où son nom paludisme qui provient du latin palus, « marais » ou encore malaria qui dérive de l’italien mal’aria signifiant « mauvais air ».
Les personnes infectées peuvent souffrir de fièvre, de frissons et de maladies de type pseudo grippales. Si la maladie n’est pas traitée, les personnes infectées peuvent développer de graves complications et dans certains cas mourir.
C’est un médecin militaire français, Alphonse Laveran qui, en 1880, alors qu’il était en poste à Constantine en Algérie (à l’époque sous administration coloniale française), met en évidence l’agent de la maladie au sein des globules rouges, un protozoaire qui prendra le nom d’hématozoaire de Laveran.
Par la suite, à la fin du 19e siècle, Ronald Ross aux Indes et Gian Battista Grassi en Italie démontrent que cet hématozoaire du paludisme est transmis aux humains par la piqûre d’un moustique du genre Anopheles.
La maladie la plus répandue dans le monde
Encore de nos jours, les estimations et les statistiques fournies par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant le paludisme sont assez peu précises. Selon l’OMS, il y avait en 2021 dans le monde :
• Plus de 2 milliards de personnes vivant dans des zones paludéennes,
• 84 pays où la maladie était considérée comme endémique avec 247 millions de personnes atteintes.
• Plus de 600 000 personnes qui en meurent chaque année dont 90 % sont des enfants de moins de 5 ans. Ces dernières années, c’est en Afrique subsaharienne que le plus grand nombre de morts chez les enfants a été observé.
• Aux États-Unis, depuis 1992, il y a eu 11 épidémies de paludisme dont une en 2003 dans le comté de Palm Beach, où huit cas avaient été signalés.
En 2023, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) ont enregistré cinq cas de paludisme propagés par des moustiques en mai et juin 2023, dont quatre en Floride.
Combattre le paludisme sous tous ses aspects
Vaincre le paludisme est une tâche difficile parce qu’il existe deux types de la maladie, causés par deux parasites Plasmodium très différents, ce qui nécessite des approches spécifiques et le développement de plusieurs remèdes pour les traiter et les éliminer. De façon générale, le paludisme est une maladie insidieuse, échappant souvent aux meilleures défenses organiques des sujets atteints.
Le premier type, qui se trouve principalement en Afrique, est le fait du protozoaire falciparum. Il est considéré comme le plus meurtrier.
Le second, qui est le plus important en nombre de cas, n’est pas aussi mortel. Il est la principale cause de paludisme partout dans le monde en Asie du Sud-Est, en Océanie, en Amérique centrale et du Sud, mais aussi en Floride où il a récemment été diagnostiqué.
Les recherches menées depuis de nombreuses années permettent de plus en plus d’éradiquer les parasites responsables, mais ils restent cependant encore de nos jours un problème de santé mondial majeur, car la résistance de ces parasites aux médicaments disponibles ne cesse d’augmenter.
Dans le cadre de ces recherches, une équipe de chercheurs de l’University of South Florida (USF) a récemment réussi à identifier les gènes des parasites nécessaires à leur survie. Cela donne aux chercheurs une liste hiérarchisée des gènes à viser avec un traitement médicamenteux.
Il a également été mis en évidence que les différences entre les gènes essentiels des deux types de parasites, et la façon dont ils s’adaptent à leurs hôtes, sont plus grandes qu’imaginées, ce qui a des implications directes sur les traitements à développer.
Une équipe de chercheurs de la USF et de l’international
prête à relever le défi
La Floride, avec ses universités et ses centres de recherche, fait partie du peloton de tête pour relever ce défi. Citons en particulier l’University of South Florida’s College of Public Health (COPH) et le Center for Global Health and Inter-Disciplinary Research (CGHIDR) où l’on retrouve par exemple Dr Jenna Oberstaller, attachée de recherche au Adams Lab of the USF Genomics Program, Department of Global, Environmental and Genomics Health Sciences.
Dr Oberstaller est l’auteure principale d’un rapport d’étude réalisé avec ses collègues mettant en lumière les grandes capacités adaptatives des gènes des parasites du paludisme, qui leur permettent de survive à l’intérieur du corps humain. Adaptation qui pose des défis importants dans le traitement de la maladie et la nécessité de sans cesse trouver de nouveaux antipaludéens pour garder sous contrôle les différentes formes de la maladie.
Un travail réalisé également avec la collaboration des Drs John Adams, l’un des co-auteurs principaux du rapport et directeur de l’étude au CGHIDR, ainsi que Thomas Otto de l’University of Glasgow, et Julian Rayner ainsi que son équipe du Cambridge Institute for Medical Research.
Notons pour terminer que cette étude a été financée en partie par une enveloppe budgétaire qui fournit également une formation avancée à la prochaine génération de scientifiques, soutenant ainsi la main-d’œuvre biomédicale, soit environ 100 000 personnes en Floride.
Sources : www.usf.edu/health/public-health/news/2025 – www.wikipedia.org
(Photo credit: Shulin Xu) @www.usf.edu/health/public-health/news/2025








