Début octobre, la Business and Economic Polling Initiative de la Florida Atlantic University a réalisé un sondage auprès de 1 000 personnes résidant en permanence en Floride, au sujet du coût de la vie et de l’American Dream. Les résultats sont parlants : 50 % des sondés ont déjà envisagé quitter la Floride à cause du coût de la vie. 56 % sont très inquiets de l’inflation, et 49 % sont très anxieux face à un immobilier inabordable. 77 % considèrent toujours que posséder un bien immobilier fait partie du rêve américain, mais 79 % estiment que c’est plus dur maintenant que cinq ans auparavant. En cause, les prix élevés des maisons (pour 36 % des interrogés), les taux d’intérêt élevés (15 %), et le coût du paiement d’acompte (11 %).
43 % des sondés estiment vivre d’un chèque de paie à l’autre, et seulement 48 % déclarent avoir un fonds d’urgence pouvant couvrir trois mois de dépenses. Enfin, 36 % sont très confiants et 43 % plutôt confiants que leur situation personnelle va s’améliorer dans deux à cinq ans.
Ce qu’exprime ce sondage, c’est que le rêve américain est encore bien vivant dans l’imaginaire collectif floridien, et même s’il est de plus en plus difficile à atteindre, les personnes interrogées restent optimistes pour le futur, malgré des conditions financières plus difficiles qu’auparavant.
En parallèle, les saisies immobilières augmentent : l’agglomération de Tampa est la zone urbaine avec le plus grand nombre de foreclosures du pays en octobre 2025. Au niveau national, les saisies (au nombre de 36 766) sont en hausse de +3 % versus septembre 2025, augmentation qui se poursuit pour son huitième mois consécutif, et en hausse de +19 % par rapport à octobre 2024. La Floride a eu le pire taux national en octobre : une saisie pour 1 829 biens. Outre Tampa (pour qui les chiffres devraient s’améliorer en novembre, à la suite d’un ajustement de capture de données), Jacksonville et Orlando ont également des taux en dessous du taux moyen de la Floride.
Cependant, d’après Rob Barber, président d’ATTOM, fournisseur reconnu de données sur l’immobilier : « La tendance actuelle semble refléter une normalisation progressive du volume de saisies, à mesure que les conditions du marché s’ajustent et que certains propriétaires continuent de faire face à des coûts de logement et d’emprunts plus élevés. » Selon lui, on reste bien en dessous des pics historiques.
Est-ce que l’effet Mamdani pourra revitaliser le marché immobilier floridien ?
Cela est possible, d’autant plus que les politiques progressives du nouveau jeune maire de New York proposent d’augmenter les impôts pour les revenus élevés et le gel des loyers. Cela pourrait pousser des individus à fort patrimoine (High Net Worth Individuals) à envisager de déménager sous des cieux plus cléments à la fiscalité plus douce. En réalité, cet effet Mamdani, aussi appelé « The Mamdani Migration », a déjà commencé depuis sa victoire aux primaires démocrates le 25 juin 2025 : d’après Alexander Clark de MSN, les agents immobiliers new-yorkais spécialisés dans le luxe ont alors commencé à recevoir de nombreuses demandes de relocation, en particulier vers la Floride. Les acheteurs new-yorkais se positionnent avec de gros budgets sur des propriétés à Miami, leur permettant d’évincer la compétition locale, et faisant monter les prix.
Ce changement pourrait entraîner une polarisation accrue du marché, où seuls les plus aisés pourraient acheter, laissant aux autres des options limitées. Mais cela revitalise le marché, et confirme l’attractivité de la Floride pour des investisseurs américains non-floridiens et les étrangers.









