À Fort Lauderdale, depuis décembre 2025, une dizaine de petits robots montés sur roues effectuent des services de livraison sur courtes distances (maximum trois kilomètres), tout comme à Miami Beach, San Francisco ou New York.
La ville accueille le modernisme : « Ça ne me dérange pas d’être à l’avant‑garde de la technologie. Au moins, avec des robots sur les trottoirs, ça enlève des voitures de la route », déclare le commissaire municipal Steve Glassman.
Fort Lauderdale est la première ville de Broward à accueillir les petits robots. Elle a été choisie par Serve Robotics, une société basée en Californie, pour sa densité urbaine. Ali Kashani, le CEO, explique : « Nous avons besoin de nombreux résidents vivant à proximité et d’infrastructures permettant aux robots de circuler sur les trottoirs. Uber y est déjà très présent, d’ailleurs. »
Prénommés Gretchen, Julio ou Gaspard, avec leurs gros yeux ronds, ces robots bourrés d’intelligence artificielle ont l’air bien sympathiques. La nourriture est gardée au chaud dans le caisson du robot et ne peut pas être volée : le couvercle ne s’ouvre qu’avec un code QR ou un code envoyé directement au client.
Mais leurs ratés en font la risée des réseaux sociaux. En janvier, sur TikTok, une vidéo montrait un robot traversant les rails de chemin de fer et se faisant écraser violemment par un train Brightline. Dans une autre, un joli robot rose aux yeux en forme de cœur a bloqué le trafic automobile dans le quartier de Brickell à Miami, ce qui pourrait être cocasse mais une ambulance s’est également retrouvée ralentie. De nombreuses vidéos circulent avec des robots qui se sont renversés, qui s’immobilisent dans un face à face avec une poubelle, ou qui font des boucles sans fin.
Le restaurateur Adam Shidlofsky, de Mitch’s Downtown Bagels à Flagler Village, n’est pas convaincu : « On a déjà mis la commande de quelqu’un dans le robot, et il est parti tout seul… puis ses roues sont restées coincées sur le trottoir. Je me dis : la nourriture que mon équipe met tant d’efforts à préparer est en train de se faire brasser dans tous les sens. […] Je n’ai pas envie de servir de cobaye pour un robot plein de cafouillages. »
Pourtant, selon Kashani, « les robots sont fiables. Ils accomplissent 99,8 % de toutes les livraisons. Et ils contribuent à désengorger les routes, donc ce qui devient viral ne reflète pas vraiment la réalité du quotidien. »
Quant aux défaillances, Peter Ricci, directeur de la gestion en hospitalité et tourisme de la Florida Atlantic University, affirme que l’IA s’adapte constamment : « À l’avenir, lorsque des feuilles de palmier tomberont devant lui, qu’un chien traversera la rue ou que des camions de FPL répareront des lignes électriques, l’IA du robot apprendra à trouver d’autres itinéraires. »
Pour l’instant, quand un robot perçoit de l’animosité de la part d’un humain, ou qu’il est empêché d’avancer, il s’immobilise et se connecte à un central, depuis lequel un humain peut en prendre le contrôle, et terminer à distance la livraison.
Sur Uber Eats, les clients n’ont pas besoin de laisser de pourboire aux robots, ce qui représente une économie incitative pour eux. Mais même si l’on choisit de se faire livrer avec un robot, cela n’est pas garanti, car cela dépend de la disponibilité d’un robot et de la distance de livraison. Le rayon s’étend de Dania Beach au sud, à Lauderdale-by-the-Sea au nord et à Wilton Manors à l’ouest.
D’après Kashani, des plans sont à l’étude pour déployer davantage de robots dans les rues de Fort Lauderdale.









