Le 2 mai dernier, la direction de la compagnie aérienne l’a annoncé : Spirit Airlines ferme officiellement et complètement ses opérations. La compagnie à bas prix, basée à Dania Beach, a ainsi licencié les 551 personnes qui travaillaient dans les magnifiques bureaux de son siège, et tout le personnel technique et navigant. Au total, ce sont 2 900 employés (d’autres rapports disent 3 200) directs de Spirit dans le comté de Broward qui ont été licenciés, et près de 17 000 emplois indirects.
Cette faillite de la société, qui employait 0,32 % de la population active du comté, laisse un vide, à la fois pour les salariés qui se retrouvent sans emploi et aussi pour les passagers.
Dans ce genre de situation, c’est habituellement les autres compagnies aériennes qui viennent combler le vide, en embauchant une partie des effectifs licenciés de leur ancien concurrent, en rachetant ses avions et en récupérant ses lignes aériennes.
Les regards se tournent vers JetBlue Airways et Frontier Airlines pour combler la perte d’options aériennes pour les 2,3 millions de passagers de Spirit pour le seul premier trimestre 2026.
L’opérateur JetBlue, basé à New York et qui opère depuis le terminal 3 de l’aéroport international de Fort Lauderdale-Hollywood (FLL), a rapidement annoncé l’ajout de 11 nouvelles destinations étatsuniennes, vers l’Amérique latine et vers les Caraïbes, et va renforcer la fréquence de ses vols sur les lignes existantes.
Comme le souligne son président Marty St. George : « Nous intensifions nos efforts pour Fort Lauderdale afin de garantir la disponibilité des services aériens sur ce marché ».
Cet été, ce sont donc près de 130 vols quotidiens JetBlue qui partiront de et arriveront à Fort Lauderdale-Hollywood, soit une hausse de 75 % par rapport à leurs vols en 2025.
Quant à Frontier, la compagnie aérienne à bas prix de Denver avait fait plusieurs offres d’achat de Spirit, déboutées pour cause de loi antitrust. Elle est donc particulièrement bien placée pour la remplacer, et d’ailleurs s’était préparée à la faillite de Spirit : « Au cours des derniers mois, nous avons ajouté des liaisons depuis FLL afin d’être déjà positionnés comme une option à bas coût dans l’éventualité où Spirit cesserait ses activités », explique un communiqué de presse. « Nous continuons d’identifier des liaisons qui, selon nous, manquent d’une offre à bas coût, et nous prévoyons d’ajouter d’autres destinations au départ de FLL au cours de l’année, ainsi qu’une augmentation significative des fréquences d’ici cet hiver. »
Breeze Airways a annoncé deux nouvelles lignes intérieures, Avelo Airways (de Salt Lake City) dessert 29 des destinations de Spirit, et Allegiant a ajouté plusieurs vols en février. Delta Air Lines va ajouter des vols vers Boston et Detroit en fin d’année.
Cela est rassurant pour les voyageurs, mais aussi pour les responsables du tourisme de la région Greater Fort Lauderdale, même si d’après le professeur Peter Ricci, directeur du programme Gestion Tourisme et Hôtellerie à la Florida Atlantic University, la baisse des vols à bas prix va forcément impacter négativement le tourisme des classes moyennes.
Sur le marché immobilier, moins d’inquiétude pour les experts : la faillite de Spirit ne devrait pas impacter le marché.
Rachat des actifs de Spirit
Un juge du tribunal des faillites a autorisé Spirit à vendre ses derniers avions, moteurs et équipements. Par ailleurs, son siège de dernier cri, d’une valeur de 250 millions de dollars, s’étendant sur 11 acres, et proposant un simulateur de vol de 60 millions de dollars, pourrait intéresser de grandes entreprises qui cherchent à s’implanter en Floride.
Le gouvernement local de Broward a également exprimé de l’intérêt pour transférer ses bureaux sur l’ancien site de Spirit à Dania Beach.
