Le Soleil de la Floride

PREMIÈRES DIFFICULTÉS POUR LA DIRECTRICE MUNICIPALE DE FORT LAUDERDALE

Rickelle Williams, la première femme afro-américaine à occuper le poste de directrice municipale à Fort Lauderdale, est entrée en poste en avril 2025 et fait déjà parler d’elle. En cause : sa politique de recrutement et son style bien tranché.
Nommée quelques semaines seulement après l’annonce du gouverneur de réduire les taxes foncières, et donc les recettes budgétaires de la ville, elle reste soutenue jusqu’à présent par le maire Dean Trantalis qui déclare : « Je ne suis pas toujours d’accord avec elle, mais je pense qu’il est prématuré de la juger pour l’instant. »


Autre soutien de taille, l’adjoint au maire Ben Sorensen : « Je pense que Rickelle fait un excellent travail en gérant une ville extrêmement complexe et confrontée à de nombreux défis financiers en ce moment. »
Mais son style direct prend à rebrousse-poil certains partenaires, notamment lors des négociations avec les syndicats ou encore les lobbyistes. Sorensen poursuit : « Je pense que la directrice municipale peut être une négociatrice très coriace, surtout lorsqu’elle négocie au nom de la ville et des résidents pour s’assurer que la ville obtienne le meilleur accord. Et cela peut être frustrant pour les personnes de l’autre côté de la table. »


Les recrutements qu’elle a faits font également parler d’elle. Elle a créé six nouveaux postes au sein de son équipe, dont un deuxième bras droit, Quentin Pough pour 247 000 $ de salaire annuel, un directeur des services d’utilité publique, Albert Carbon (235 000 $), une directrice de projets, Colette Satchell (215 000 $), un directeur des communications, Kevin Pulido (210 000 $), une directrice administrative, Tiffany Bain (165 000 $) et une assistante, Nikhan Cotterell (89 000 $).
D’autres personnes ont été promues en interne, avec des hausses de salaire de 25 000 $, 30 000 $, voire 60 000 $ par an pour Yvette Matthews, la première adjointe de Williams.
Les dents commencent à grincer face à ces salaires, et surtout la rapidité avec laquelle Williams a forgé sa nouvelle équipe. Charles Zelden, un professeur de sciences politiques à la Nova Southeastern University, explique : « De tels changements rapides ne sont généralement pas la norme pour un directeur municipal entrant. »


La directrice mise en cause justifie : « La croissance du budget du personnel de notre ville est orientée à la baisse, et les chiffres le montrent clairement. » Elle explique avoir réorganisé les services et revendique ses résultats : « Notre équipe a démontré sa capacité et sa volonté d’accroître la transparence et la productivité afin de répondre aux attentes plus élevées fixées par notre commission municipale. C’est le résultat direct de l’orientation et des priorités de mon administration, et nous ne faisons que commencer. »
Enfin, soulignons que tous les recrutements et hausses de salaire ont été présentés de façon transparente et approuvés par la commission municipale composée de cinq commissaires.


Une réputation d’excellence
À la tête d’un budget de 1,2 milliard de dollars, et dirigeant 3 000 employés dont la police et les pompiers, Rickelle Williams fait figure de profil montant dans les sphères administratives, après avoir brillé à Miami Beach, Dania Beach et Miami-Dade.
En novembre prochain, après les élections, elle devra composer un nouveau budget avec les changements qui se profilent à l’horizon pour les taxes foncières, la nécessité de construire (ou d’acheter un immeuble pour) une nouvelle mairie, la rénovation d’infrastructures vieillissantes et l’adaptation des équipes à une nouvelle ère. Le rôle n’est pas simple, mais son intelligence et sa détermination devraient l’aider à surmonter les difficultés.

Rickelle Williams

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