Le Soleil de la Floride

MIEUX PRÉVOIR LES OURAGANS GRÂCE À L’IA

Tout le monde parle de l’intelligence artificielle, et même le domaine redouté des ouragans en profite déjà. Voici un tour d’horizon de l’IA au service d’une prédiction plus juste et plus détaillée des cyclones qui menacent chaque année le Sunshine State, du 1er juin au 30 novembre, période officielle de la saison.

Retour sur la saison 2025

Le National Hurricane Center (NHC) le confirme : bien qu’il utilise des outils de l’IA depuis de nombreuses années, de nouveaux outils ont vu le jour plus rapidement que jamais en 2025. La saison dernière a servi d’expérimentation, notamment grâce à une première collaboration avec des partenaires du NHC afin de mener des vérifications et des tests approfondis avant d’utiliser des outils de l’IA pour les décisions opérationnelles. Au cours de la saison 2025, à mesure que les prévisionnistes gagnaient en expérience, le NHC a commencé à intégrer ces nouveaux systèmes de prévision météorologique par IA (AIWP – AI Weather Prediction), parallèlement aux autres outils essentiels de sa boîte à outils.

L’ouragan dévastateur Melissa, qui s’est abattu sur la Jamaïque et a égalé le record de l’ouragan le plus puissant à avoir touché terre avec des vents de 185 mph (298 km/h), a montré que les prévisions basées sur l’IA continuent de s’améliorer de manière spectaculaire, a déclaré le directeur du NHC, Michael Brennan, lors de la Conférence du gouverneur sur les ouragans à West Palm Beach. « Ce sont des prévisions que nous n’étions tout simplement pas en mesure de faire il y a plus de cinq ou dix ans », a-t-il précisé. 

Selon le Centre, l’ouragan Melissa était une tempête très difficile à prévoir et aux conséquences importantes. Les modèles de l’IA ont très tôt cerné la trajectoire et l’intensité probables en fournissant des indications précieuses pour compléter les prévisions traditionnelles. Si le cas de Melissa n’est qu’un exemple parmi d’autres, il existe aussi des cas où les modèles traditionnels ont donné de meilleurs résultats, d’après le NHC. Mais pour le Centre, il reste toutefois encourageant de constater que les nouveaux outils fonctionnaient bien.

Modèles de l’IA utilisés

Si le NHC a commencé à utiliser plusieurs modèles d’IA différents, il s’est associé directement à Google DeepMind pour développer un nouveau modèle de prévision des ouragans basé sur l’IA, utilisé à titre expérimental durant la saison 2025. De plus, le Centre de modélisation environnementale de la NOAA et le Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (CEPMMT) ont développé des systèmes de prévision mondiale basés sur l’IA, tous deux mis à disposition pour évaluation pendant la saison 2025. D’autres outils et modèles basés sur l’IA sont également en cours de développement.

Fonctionnement

Le NHC explique que les modèles AIWP sont entraînés à apprendre des schémas en analysant de vastes quantités de données historiques : « Ils apprennent les relations entre différentes variables et comment ces relations varient dans l’espace et dans le temps. La plupart des modèles de l’IA actuels sont entraînés sur des ensembles de données de réanalyse, d’énormes ensembles de données mondiales intégrant toutes les observations mondiales et couvrant plusieurs décennies. Au cours de ce processus d’entraînement approfondi, les modèles d’IA apprennent les relations entre les différentes variables (telles que la pression, le vent et la température). Ils utilisent ensuite ces relations pour estimer l’état futur de l’atmosphère ».

Différence avec les modèles traditionnels

Bien que l’IA constitue une approche très différente des modèles de prévision météorologique traditionnels, l’objectif final est le même : produire les prévisions les plus précises possible.

La prévision numérique du temps Numerical Weather Prediction (NWP) traditionnelle et les nouveaux modèles AIWP adoptent ces deux approches pour produire des prévisions : les modèles NWP partent des conditions atmosphériques actuelles (appelées « conditions initiales ») et résolvent les équations de l’atmosphère pour prédire l’avenir, nécessitant d’énormes supercalculateurs pour chaque prévision du modèle. Les modèles AIWP partent également des conditions initiales, mais le modèle utilise les relations qu’il a apprises à partir de l’historique pour prédire l’avenir. Comme les modèles AIWP apprennent les relations entre les variables au cours d’un processus d’apprentissage, ils s’exécutent beaucoup plus rapidement que les modèles NWP. 

Malgré ces différences, les modèles NWP traditionnels et les modèles de l’IA sont très complémentaires. 

Avantages et améliorations avec l’IA

D’après le NHC, comme les modèles de l’IA fonctionnent différemment des modèles NWP traditionnels, ils fournissent des indications nouvelles et indépendantes sur l’éventail des résultats de prévision. « Et comme ils s’exécutent très rapidement sur des supercalculateurs, nous pourrions bientôt disposer de milliers de résultats de prévision possibles pour estimer l’incertitude concernant la trajectoire, l’intensité et les dangers liés aux ouragans », signifiant de saisir l’éventail des possibilités et de communiquer les risques aux décideurs et au public avec plus de certitude qu’avant.

Pas sans inquiétude

Malgré l’engouement pour les prévisions générées par l’IA, l’administration Trump a de nouveau proposé de réduire le budget de la NOAA d’un milliard de dollars et de supprimer l’Office of Oceanic and Atmospheric Research, qui mène des recherches sur les ouragans et l’atmosphère. Selon WLRN, cela pourrait potentiellement entraîner la fermeture du Laboratoire océanographique et météorologique de l’Atlantique à Virginia Key, juste au nord de Key Biscayne et au sud du quartier de Brickell à Miami.

Pendant ce temps, le National Center for Atmospheric Research (NCAR) se bat devant les tribunaux pour empêcher le démantèlement du centre.

Liens utiles

Durant cette période de l’année particulièrement redoutée, nous vous invitons bien sûr à suivre LeSoleildelaFloride.com ainsi que nos réseaux sociaux pour rester informés.

Nous vous recommandons également de consulter les liens suivants, en cas de besoin :

• Prévisions mises à jour et  modèles intégrant l’IA – National Huricane Center (NHC)

https://www.nhc.noaa.gov

• Zones de vulnérabilité et d’évacuation locales

Florida Division of Emergency Management

https://www.floridadisaster.org

• National Oceanic & Atmospheric Administration (NOAA)

https://www.noaa.gov

• Que faire avant une tempête tropicale ou un ouragan

 Guide de préparation https://www.weather.gov/ 

Une saison plus calme que la normale

Pour la saison des ouragans 2026 dans l’Atlantique, la NOAA prévoit 35 % de chances d’une saison proche de la normale, 10 % de chances d’une saison supérieure à la normale et 55 % de chances d’une saison inférieure à la normale, avec un total de 8 à 14 tempêtes nommées (vents de 39 mph-24 km/h ou plus). Parmi celles-ci, 3 à 6 devraient se transformer en ouragans (vents de 74 mph-119 km/h ou plus), dont 1 à 3 ouragans majeurs (catégorie 3, 4 ou 5 avec des vents de 111 mph-179 km/h ou plus). Rappelons qu’une préparation préalable est essentielle pour rester en sécurité tout au long de la saison.

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