Ce sont dix millions de dollars destinés à l’État de la Floride qui ont atterri dans une fondation associée à l’épouse du gouverneur. Une grande partie de ce montant a ensuite circulé entre divers organismes pour finalement servir à des activités politiques. Et personne n’a été accusé de quoi que ce soit.
L’affaire remonte à 2024, alors que l’entreprise Centene, un grand groupe d’assurances et de gestion de soins de santé travaillant pour Medicaid, conclut une entente consistant à verser 67 millions de dollars à l’État de la Floride pour avoir surfacturé des services. De cette somme, dix millions sont versés à Hope Florida Foundation. Celle-ci est liée à Hope Florida, programme de la Première Dame de l’État.
Hope Florida a versé cinq millions de dollars à Secure Florida’s Future et cinq autres millions à Save Our Society From Drugs, deux organismes sans but lucratif. De ces 10 millions, 8,5 millions ont été ensuite remis à Keep Florida Clean, un comité politique associé au chef de cabinet du gouverneur, devenu procureur d’État après les événements. L’argent a finalement servi à des activités politiques, notamment pour combattre un projet de loi proposant la légalisation de la marijuana récréative.
C’est ce parcours qu’un grand jury a examiné. Ce dernier affirme ne pas avoir suffisamment de preuves pour accuser une personne en particulier d’un crime, puisqu’il n’a pas réussi à déterminer clairement qui avait pris la décision d’envoyer 10 millions vers Hope Florida.
Selon le rapport du grand jury rendu public par CBS News, les 10 millions de dollars n’étaient pas un don privé que l’on pouvait utiliser librement. Il estime donc que des fonds publics ont été mal utilisés et il décrit le mécanisme comme un système sophistiqué destiné à financer des activités politiques. Des enquêtes supplémentaires ou un nouveau grand jury restent possibles.
Il faut comprendre que le grand jury n’a pas pour but de déclarer la culpabilité ou non, mais bien de déterminer si les éléments recueillis justifient des accusations criminelles. Il est composé d’un groupe de citoyens convoqués dans le cadre d’une enquête criminelle et travaille généralement à huis clos pour entendre des témoins et examiner des documents.
L’État a donné deux instructions à l’entreprise Centene : lui verser un peu plus de 57 millions et verser 10 millions à Hope Florida Foundation. Le Miami Herald rapporte que les avocats de l’entreprise ont semblé préoccupés par la destination des 10 millions de dollars et ont insisté pour qu’il soit clairement établi dans l’accord que l’État de la Floride lui ordonnait de verser 10 millions de dollars à Hope Florida. Ces mêmes avocats ont également inclus une clause dégageant l’entreprise de toute responsabilité concernant « tout litige susceptible de survenir » quant à l’utilisation des fonds, rapporte le journal.
Le Tampa Bay Times titrait ainsi un article le 27 août dernier : « Les acteurs clés du scandale Hope Florida ont été promus par DeSantis ». Cet article avait pour but d’en faire la démonstration. The Guardian rapporte que le candidat démocrate au poste de gouverneur, David Jolly, a déclaré qu’il rouvrirait l’enquête s’il était élu.








