
Le deuxième roman de Jocelyne Cazin, intitulé Funestes récoltes, est des plus actuels à l’égard de l’immigration et de l’agriculture en Floride.
Forte de plus de 35 ans d’expérience et première femme à couvrir les faits divers au Québec, la journaliste a accepté d’en parler au Soleil de la Floride, avec une franchise et une ouverture qui la caractérisent, même dans ses livres.
Synopsis
Le polar explore l’exploitation des travailleurs agricoles étrangers au Québec : « Quand cinq travailleurs temporaires guatémaltèques embauchés par un fermier de Saint-Valérien-de-Milton disparaissent, ce dernier se tourne vers Blaise et Victor, les détectives privés de La Firme, pour mener l’investigation. Lancés sur les traces des hommes volatilisés, les deux limiers remontent à la source d’un vaste réseau d’exploitation humaine. […] Disparition ou enlèvement ? » Là est la question du roman réaliste passionnant.
Pourquoi Funestes récoltes est qualifié de fiction réaliste ?
« Ce que vous retrouvez dans l’actualité est assez similaire à ce qu’on retrouve dans mon roman. Je me suis clairement basée sur des faits réels, des situations qui ont été vécues et qui sont malheureusement encore vécues », exprime Mme Cazin. « Et comme je suis journaliste avant d’être écrivaine, j’ai fait un travail de journaliste ». Elle est allée sur le terrain, entre autres à Dundee, au sud-ouest du Québec, grâce à Stéphane Gendron, celui qui a inspiré l’écrivaine sur ce sujet. Mme Cazin détaille aussi des constatations de Karine Tremblay, détective privée. Elle a également visité des fermes et rencontré des travailleurs temporaires, en plus de travailler avec la Sûreté du Québec avec un enquêteur aux crimes majeurs. À l’aide de sa propre enquête et de sa propre tête, Jocelyne Cazin a finalement écrit une fiction intrigante, basée sur du réel !
Le parallèle entre Funestes récoltes et ce que l’on observe en Floride ?
Ce parallèle pourrait être fait avec l’Espagne, la France ou la Grèce, mais comme le précise Mme Cazin : « Il y a beaucoup de travailleurs temporaires en Floride et de travailleurs illégaux également. Alors le genre de situations que je fais vivre à tous mes personnages dans mon livre pourrait très bien se traduire en anglais ou en espagnol, car les gens parlant ces langues ou qui sont originaires de ces pays se reconnaîtraient quelque part ».
On sent une touche d’humour et de légèreté dans les personnages de Blaise et de Victor, les deux détectives privés qui semblent se compléter. Est-ce voulu ?
« Effectivement, j’ai mis une saveur un peu humoristique pour rendre un peu plus léger un sujet qui est extrêmement lourd », explique l’écrivaine. « Si parfois certaines remarques de Blaise ou de Victor vous font sourire, c’est carrément le but, car je n’aime pas être dans la lourdeur totale et c’est pour cela que j’ai allégé les personnalités de Blaise et de Victor ». Il est à noter que dans le roman, Blaise est Français et Victor est Québécois. Mme Cazin précise également que tous les endroits dans son livre sont véridiques, dont St-Valérien-de-Milton qui est la municipalité où ses parents de France se sont installés en arrivant au Québec.
Après une carrière marquante en journalisme d’enquête, qu’est‑ce que le roman vous permet ?
Mme Cazin répond : « Il me permet toute la liberté d’un auteur de fiction. Je peux écrire exactement ce que j’ai envie d’écrire, alors que quand je faisais un travail journalistique, je devais me baser sur les faits réels, et ne pas altérer la vérité. Alors que là, je peux transformer mes personnages comme je veux ».
D’ailleurs, jamais Jocelyne Cazin n’aurait pensé écrire un roman ! Mais quand l’éditeur de Flammarion Québec lui a proposé d’écrire son premier roman Pire que l’éternité : « Mon Dieu que c’était agréable, parce que je pouvais écrire ce que je veux et personne ne pouvait me dire que cela n’a aucun sens, car je peux laisser aller mon imagination. Tout le bonheur et le plaisir d’être romancière », s’exclame l’autrice.
Résumé de Funestes récoltes en une seule phrase
« C’est une fiction réaliste qui touche de plein fouet les migrants illégaux, les travailleurs temporaires étrangers. On entre dans le monde de l’agriculture illicite, dans le monde du dark web et de la criminalité, mais aussi dans le monde de l’humanité quelque part », raconte Jocelyne Cazin. « Une intrigue qui, du début à la fin, j’espère vous laisse carrément sur votre appétit d’en lire d’autres de Jocelyne Cazin ».
Qu’est-ce que représente pour Mme Cazin la Floride ?
Si Jocelyne Cazin est en Floride pendant cinq mois durant l’hiver depuis 2008, cela ne l’empêche pas de voyager ailleurs dans le monde, comme en Égypte ou à Londres.
Ce qu’elle aime de la Floride ? « La chaleur, et comme Dominique Michel le dit, J’Hais L’Hiver. Et puis j’adore le golf ! » En plus du tennis, du pickleball et des longueurs de piscine le matin, Mme Cazin se trouve dans une communauté sécurisée où se trouvent de nombreuses activités intéressantes, lui permettant également de se sentir bien entourée. « Pour moi, la Floride représente le plaisir de vivre ». Elle ajoute qu’il est prouvé scientifiquement qu’on a des chances de vivre dix ans de plus parce qu’on n’a pas le mauvais stress, comme celui de sortir le matin et gratter le parebrise de son véhicule à -30 ˚C (-22 ˚F) par exemple : « C’est très positif pour moi la Floride. D’abord, on a des bonnes chances d’allonger notre vie, et puis on la vit sereinement. L’âge n’existe plus quand on est en Floride, et c’est fantastique ».

Clin d’œil
Comme Jocelyne Cazin vit par projets, elle est toujours très active : « Un bon matin, je me suis inscrite à une agence d’artistes (celle de Caroline Johnson), et une semaine plus tard, on me proposait un rôle dans la série Indéfendable ». Son rôle de femme, aux prises avec l’Alzheimer et victime de maltraitance par un infirmier dans une maison de personnes âgées, a suscité de milliers de réactions sur les réseaux sociaux. Une autre fiction réaliste…









