L’économie américaine secoue le huard

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L’économie américaine subit des transformations à tous les niveaux, particulièrement depuis un an. Et dans le bon sens, ce qui a un effet négatif sur certains aspects de l’économie canadienne.

En août 2015, le taux de chômage est revenu à son niveau d’avril 2008, soit moins de 6%, après avoir atteint un sommet à 10 %, en octobre 2009. En octobre dernier, les statistiques montrent que 271 000 emplois ont été créés. La situation en est désormais une de plein-emploi.

Puis, le prix de l’essence se situe à son plus bas depuis 2004. La baisse a été de 1,07 $ par gallon depuis octobre 2014, en raison d’une surabondance dans la réserve américaine.

Les prix de l’alimentation, eux, ont reculé de 0,8%, leur plus fort repli depuis avril.

Un autre facteur frappe l’économie américaine et pourrait avoir toutes sortes d’effets, d’ici un an.

Pour se soustraire à l’inflexibilité des Républicains, les grandes villes américaines adoptent des lois forçant les entreprises et les commerces à porter le salaire minimum de sept ou huit dollars à 15 $ l’heure. Les travailleurs jubilent, il faudra voir comment réagira la plate-forme commerciale.

Dollar-pétrole

La marche cahoteuse du pétrole entraine invariablement le dollar dans son sillon.

Le va et vient du mazout devient flexible selon les humeurs du marché boursier. Il est à la traine des caprices de Wall Street. Comme si ces secteurs étaient siamois.

Le dollar canadien n’en fini plus de chuter. Après avoir fait du surplace entre les 76 et 77 cents, il y a moins de deux mois, voilà qu’il pointe vers les 74 cents.

C’est que la bonne santé de l’économie américaine risque d’inciter la Fed à hausser les taux d’intérêt, ce qui donnerait davantage de solidité au dollar américain au détriment des autres monnaies, dont le huard bien sûr.

Il ne faudrait pas se surprendre du tout de voir le dollar canadien frôler la zone des 70 cents au cours de l’hiver, surtout que présentement, le prix du pétrole poursuit sa tendance baissière. Les stations d’essence afficheront probablement le gallon sous les 2 $ d’ici Noël en Floride.

En Caroline du Sud, il est possible en ce moment de faire le plein à 1,91 $.

Si la culbute du huard est un tonus pour les exportateurs canadiens, sa dégringolade, depuis un peu plus d’un an, indispose largement les voyageurs, que leur destination soit l’Europe ou les États-Unis.

Les centaines de milliers de Snowbirds canadiens qui viennent en Floride chaque année sont loin d’y trouver leur compte comme par les années passées. Ils sont conscients que le prix à la station service leur paraîtra dérisoire par rapport à ce qu’ils paient le litre au Québec en particulier. Cela sera une mince consolation si un dollar américain leur en coûte 1,30 $ canadien.

On ne fait pas le plein tous les jours, mais on bouffe au quotidien.

La valeur du huard est à son plus bas depuis mars 2009, il y a six ans et demi, alors que l’économie canadienne était en récession.

Depuis juillet 2014, sa dévaluation dépasse les 25 %.

À l’inverse, les Américains en visite au Canada bénéficient d’un pouvoir d’achat accru avec leur fort dollar. Ce gain s’élève à 18 % par rapport à juillet 2014.

Coût pour les Canadiens d’une dépense de 100 $ US aux États-Unis

Mi-juillet 2015: 130 $CAN, avec taux de change à 77 cents US (1,298 $ CAN)

Mi-juillet 2014: 108 $CAN, avec taux de change à 93 cents US (1,075 $ CAN)

Hausse de coût en un an: 20%

Coût pour les Américains d’une dépense de 100 $ CAN au Canada

Mi-juillet 2015: 77 $ US, avec taux de change à 77 cents US (1,298 $ CAN)

Mi-juillet 2014: 93 $ US, avec taux de change à 93 cents US (1,075 $ CAN)

Baisse de coût en un an: 18%

Salaire minimum

Barak Obama prêchant dans le désert devant le refus catégorique des Républicains, la marche en faveur de la hausse du salaire minimum se fait au niveau des États mais surtout des villes. C’est en Californie, avant-gardiste dans tant de domaines, que l’on a été les premiers à statuer sur cette mesure.

L’an dernier, San Francisco avait été la première ville à mettre en force ce mouvement, portant le salaire minimum de 9 $ à 15 $ dollars l’heure, échelonné sur plusieurs années. La ville de Seattle, dans l’État de Washington, avait emboité le pas.

Le 19 mai dernier, Los Angeles, la plus grosse ville de l’État californien, a légiféré dans ce sens. Cette hausse marquée s’étalera de 2016 à 2021 selon le nombre de travailleurs dans l’entreprise. Plus de 700 000 personnes en situation financière précaire bénéficieront de cet avantage.

Les chaines de magasins ne seront pas « contentes »!!!

Sous la pression des syndicats, Wal-Mart, premier employeur au pays avec 500 000 travailleurs, avait en février dernier, fait passer le salaire horaire de base de 7,25 $ à 10 $. La chaine de restaurants McDonald’s avait emboité le pas au moment où les villes devenaient les défenseurs des bas salariés, en adoptant des législations pour pousser à 15 $ l’heure le salaire minimum, qui n’avait pas bougé depuis 2009 à la grandeur des États-Unis.

Selon la direction de Wal-Mart, cette décision a provoqué un trou dans ses revenus et les rendements aux actionnaires. Assez pour qu’elle affirme regretter sa décision.

On croit tout de même que cette mesure aura, à moyen termes, l’effet d’une vague de fond à travers le pays, surtout auprès des villes importantes qui, elles, emboitent le pas.

Les conséquences pourraient se traduire par une diminution de l’embauche, sinon par des mises à pied et pourquoi pas des hausses de prix venant autant des grossistes que des détaillants.

David Cooper, chercheur à l’économie Policy Institut de Washington, n’achète aucunement le regret de Wal-Mart.

« L’idée que cette hausse des salaires menacerait la rentabilité de l’entreprise est totalement absurde parce que cette dépense représente 1,5 milliards de dollars, ce qui est à peine trois dixièmes (0.3 %) de 1 % du chiffre d’affaires de l’entreprise », dit-il.

Pour lui, le moment est très propice pour faire bondir le salaire minimum puisque les États-Unis en sont au plein emploi.

En Floride, le seuil du salaire est de 8,05 $ l’heure. Des élus du Sud de la Floride ont fait l’expérience, en octobre dernier, de vivre avec le salaire minimum. Cela les a convaincus d’imiter les villes de la Californie.

Comme ces volontaires étaient tous démocrates, il y a peu de chance que l’on endosse leur proposition, puisque la Chambre est majoritairement républicaine.

Ici aussi, il reviendra probablement aux villes de décréter cette augmentation du salaire minimum.

Pas moins qu’ailleurs, la Floride devra emboiter le pas un jour.

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