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vendredi, mars 1, 2024

INTERDICTION D’UTILISER LES VOLETS 

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Une ordonnance concernant les volets anti-ouragans fait le malheur des snowbirds de la ville de Greenacres, située dans le comté de Palm Beach. Cette règle contestée est appliquée depuis janvier dernier et à l’étude dans d’autres municipalités.

L’avis a été distribué par les pompiers et il fait appel pour que tous les volets et clapets (clamshells) anti-ouragans des fenêtres et des balcons de condos occupés demeurent ouverts en tout temps, 12 mois par année, sauf à l’annonce et durant une tempête. L’application de cette règle n’est pas la responsabilité de l’association de condominiums, mais bien celle du propriétaire de l’habitation et est passible de pénalité.

Le code en question (304.13.3) fait partie du code de maintenance de la ville depuis 2012, mais il vient tout juste d’entrer en vigueur. Il stipule aussi que : « les dispositifs de protection contre les ouragans sur tous les édifices occupés, doivent être retirés au plus tard 14 jours après la fin de l’ouragan (veille-avertissement-ouragan réel ou tornade), à moins qu’un autre ouragan ne se produise durant la période des 14 jours /all hurricane protective devices on all occupied buildings must be removed no later than 14 days after the termination of the hurricane event (watch-warning-actual hurricane or torando) unless another hurricane event is predicted to occur within the 14 day time period.

Le débat est dû au fait qu’un édifice à condos, appartements ou maisons de ville est considéré enitèrement occupé même si un seul logement est habité.

La controverse 

Pour les snowbirds, préparer le condo pour les six mois d’absence se complète par la fermeture des volets anti-ouragan. Ils dorment la tête en paix à savoir que les fenêtres et balcons de leur propriété sont protégés contre les petits et grands vents, jusqu’aux ouragans. Ils savent aussi que contrairement aux maisons unifamiliales, les vandales s’attaquent rarement aux condos barricadés. Les malfaiteurs sont conscients que leurs chances de trouver de l’argent, des bijoux et des ordinateurs sont minces dans les condos sans vie. 

Ce nouveau code en force à Greenacres occasionne un mal de tête lancinant pour les propriétaires qui quittent pour la saison, car ils devront désormais engager quelqu’un pour fermer et ouvrir les volets durant leur absence. Cela demande de laisser la clé à un étranger, à moins que la personne qui fait la visite mensuelle du condo offre ce service en sus. Et il faut espérer que le travail soit effectué dans les délais, car l’annonce de l’ouragan arrive au même moment pour tous ! 

Autre question : la ville de 43 990 habitants a-t-elle suffisamment d’entreprises qualifiées qui offrent ce service et si oui, ont-elles le personnel nécessaire pour répondre à cette nouvelle loi ? Un des snowbirds affecté préfère demeurer anonyme, mais il explique au Soleil que « pour nous, il est tout à fait pertinent d’avoir des volets ouverts lorsque quelqu’un habite un appartement, un condo ou une maison, mais pas s’il est vacant ou inoccupé; dans cette situation-là, c’est une indication importante de sécurité autant pour les occupants que pour les pompiers. Ils peuvent rapidement prendre la décision d’intervenir et de sauver les personnes dans les condos sans volets en premier ! De plus, il (le service des incendies) considère notre édifice de  huit condos comme toujours occupé […] et ne veulent pas faire d’exception ». 

D’autres suggèrent qu’au lieu de mandater tout le monde à garder les volets ouverts, le code devrait peut-être interdire la fermeture des volets lorsque le logement est habité !

Lors d’une réunion spéciale organisée le 7 février par Peter Wallwork, commissaire adjoint du service des incendies à Greenacres, les snowbirds ont eu la chance de poser des questions et de discuter de l’application du code.

« Nous lui avons demandé si cette nouvelle directive s’applique à d’autres villes autour de nous, au comté ou à l’État tout entier puisqu’il s’agit d’une mesure de prévention des incendies très importante selon eux », raconte le snowbird québécois. « La réponse a été que c’est un règlement de Greenacres et qu’il n’est pas au courant de ce qui se passe ailleurs. Il nous a précisé également que cela s’applique à tous les bâtiments dans la ville. Nous sommes donc des privilégiés de la Floride ! », dit-il sarcastiquement.

Raisons de l’application du code 

Le Soleil de la Floride s’est entretenu avec Peter Wallwork, afin de nous expliquer les raisons de la mise en vigueur du code en question. 

« Cette règle est appliquée pour la sécurité des occupants et pour celle des sapeurs-pompiers. On sait qu’il y a de nombreux résidents qui barricadent les fenêtres dès le début de la saison des ouragans, même s’ils vivent à l’année dans leur habitation. Les dangers principaux d’un lieu barricadé en cas de feu sont l’augmentation du potentiel d’ignition simultanée de différents combustibles (Flashover) et la déflagration, ou explosion, résultant d’un apport d’oxygène soudain (Backdraft). Des fenêtres et portes aux volets fermés limitent aussi la visibilité des pompiers et des occupants du bâtiment, rendant difficile l’évacuation. Cela cause une augmentation des blessures chez les pompiers lors de l’extinction des incendies et il est difficile pour nous de déterminer si la structure est occupée ou non, car il a été constaté que de nombreux résidents gardent les volets fermés même lorsqu’ils sont chez eux. Nous ne pouvons donc assumer qu’il n’y a personne à l’intérieur de l’habitation. »

Tentatives de résolution

Le Soleil de la Floride a tenté de contacter le City Manager, le City Building Department, City Code Enforcement et Building Division de Greenacres. Seule Candy Tejeda, Code Enforcement Supervisor, a retourné notre appel, citant que « l’application de cette loi est pour la protection des résidents et des pompiers, cela fait partie du code de maintenance de la ville depuis 11 ans et la décision de faire respecter ce code est basée sur le besoin ».

Selon notre conversation avec le commissaire adjoint du service des incendies, monsieur Wallwork, les villes de Wellington et de Royal Palm seraient en train d’évaluer la possibilité de mettre en vigueur cette même exigence.

Le Soleil de la Floride a tenté de rejoindre le chef des incendies de Davie et d’Hollywood afin de savoir si ce code existe, mais aucun n’a répondu à notre demande. Nous avons communiqué avec des avocats, qui ne sont toutefois pas spécialisés dans ce domaine précis. Ils évoquent que puisque les raisons de ce code sont de sauver des vies et de minimiser les dangers pour les pompiers, les résidents devraient consulter un avocat spécialisé dans de telles situations avant d’entreprendre quoi que ce soit.  

Mais afin d’attirer l’attention et de commencer une conversation avec les dirigeants de la ville de Greenacres, une pétition signée avec des suggestions pour tenter de modifier ce règlement peut s’avérer très efficace. Il faut toutefois vérifier le nombre de signataires requis pour que la pétition soit valide.

Chaque ville a un avocat qui est en mesure d’écouter les plaidoyers des citoyens. 

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