Le Soleil de la Floride

FERMETURE D’ALLIGATOR ALCATRAZ !

C’est fait : le centre de détention provisoire des immigrants non documentés au cœur des Everglades, qui a défrayé la chronique pendant presque un an, a officiellement fermé ses portes le jeudi 25 juin. Les cellules grillagées sous les tentes blanches sont vides. Les gardiens sont partis, et les détenus ont été transférés ailleurs. 

Même les générateurs d’électricité très polluants, contre lesquels se battait le Center for Biological Diversity, ont été démontés. Cependant, l’avocat du groupe, Ryan Maher, déclare : « La lutte continue pour garantir que le site soit entièrement assaini et que les administrations Trump et DeSantis soient tenues responsables ». 

Officiellement, les autorités ont annoncé une fermeture « temporaire » en raison de l’arrivée de la saison des ouragans auxquels les installations ne pourraient résister, saison pourtant prévue comme relativement faible en 2026 par le National Hurricane Center. L’argument semble d’ailleurs peu valide, car le centre avait ouvert le 1er juillet 2025, soit durant la saison des ouragans de 2025. 

Les associations de lutte pour les droits de l’homme avaient dénoncé des conditions de détention affligeantes. Les détenus avaient peu accès à leurs avocats. La nourriture servie contenait des asticots, les toilettes ne fonctionnaient pas, les sols pouvaient être inondés de matières fécales, avec des moustiques et des insectes à foison. L’air conditionné était aléatoire sous les grandes tentes qui contenaient des rangées de lits superposés entourés de grillages, et les détenus n’avaient pas accès à une douche quotidienne. Les allégations de coups, de gaz au poivre et de blessures (un individu a eu le poignet cassé) sont nombreuses. 

Quelles suites légales ?

Si certaines poursuites sont abandonnées, d’autres continuent. 

Le Center for Biological Diversity a retiré sa plainte surnommée « Clean Air Act lawsuit » liée à la pollution de l’air des générateurs électriques qui alimentaient le centre de détention. Ces générateurs, alimentés au diesel et installés sans permis, auraient rejeté dans l’atmosphère du benzène, du formaldéhyde et des oxydes d’azote. 

Cependant, le groupe poursuit son action en justice pour la protection de l’environnement, car les études environnementales n’avaient pas été faites avant l’installation d’Alligator Alcatraz. Maher souligne : « Nous et nos partenaires ne nous arrêterons pas tant que chaque élément d’infrastructure lié à cette installation aura disparu pour de bon, que les dégâts auront été évalués et que Big Cypress sera restauré.»

En parallèle, deux immigrants cubains portent plainte contre les autorités pour coups et blessures. Ils affirment avoir été brutalisés par des gardes, parmi eux des employés de l’État mais aussi des contracteurs privés. Katie Blankenship, qui dirige l’organisation Sanctuary of the South, estime qu’« ils veulent vraiment fermer les portes, s’en aller et faire comme si rien ne s’était passé. Pourtant, des vies ont été bouleversées. »

D’après le gouverneur DeSantis, Alligator Alcatraz a permis le traitement et la déportation de 21 000 immigrants non documentés. Mais l’image négative dans l’opinion publique et le coût faramineux pour l’État de Floride, à hauteur d’un million de dollars par jour pour les opérations courantes, sans recevoir d’aide fédérale, auront eu raison d’Alligator Alcatraz. 

Finalement, ce sont des milliers d’immigrants détenus et leurs familles qui garderont le traumatisme de ce centre. La Florida Immigrant Coalition déclare que les seuls gagnants de ce projet sont les entreprises qui ont construit et géré les opérations du site.

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