Une exposition sur les vêtements les plus extravagants de la marque italienne Dolce & Gabbana, imaginée comme une lettre d’amour à l’Italie, a ouvert ses portes à l’Institute of Contemporary Arts (ICA) à Miami le 5 février, et se tiendra jusqu’au 14 juin. Elle a été précédemment exposée à Milan, Paris et Rome.
La ville de Miami a été choisie en tant que première ville des États-Unis pour le début de la tournée américaine pour ses racines latines et son multiculturalisme. Pour les fans de mode, c’est une opportunité unique car les pièces de luxe exposées sont habituellement admirées seulement par quelques collectionneurs et VIP.
L’exposition intitulée « From the Heart to the Hands » présente 300 pièces uniques faites à la main, vêtements mais aussi bijoux, chaussures, objets de décoration, une véritable expression de la passion des deux créateurs, Domenico Dolce et Stefano Gabbana, et leur attrait pour une mode belle, excessive, presque sacralisée.
Elle représente aussi un hommage à la qualité de l’artisanat italien, aux détails fins incomparables. On découvre une veste embossée d’appliques élaborées en soie; une robe ornée de motifs folkloriques constellés de sequins; des ornements liturgiques scintillants; des robes de mariée en dentelle; des sandales à plateforme de vingt centimètres incrustées de bijoux. On peut aussi admirer la robe que portait Naomi Campbell en organza, couverte de plumes.
La marque a débuté en 1985 dans le prêt-à-porter. En 2011, elle a abandonné sa franchise D&G destinée aux jeunes pour se lancer dans la haute couture (Alta Moda), avec un studio et une école pour perpétuer l’artisanat de la mode italienne.
Depuis, les stars s’en sont emparées : Madonna a porté un bustier incrusté de pierres précieuses pour son Girlie Show World Tour, et les autres ont suivi, comme Beyoncé et Mary J. Blige. Fait exceptionnel, la maison est indépendante, et n’appartient à aucun grand groupe de mode, contrairement à Gucci (groupe Kering).
Dolce & Gabbana, malgré les difficultés financières et les scandales liés à des déclarations provocantes et parfois déplacées, continuent de puiser leur créativité dans l’histoire, notamment la Rome antique, et la religion. Dans l’exposition, on découvre des robes entièrement brodées au point de croix représentant La Madone de Botticelli, la Femme inconnue de Leonardo da Vinci ou le Bacchus de Titien.
Florence Muller, directrice de l’exposition pour le musée, déclare : « Chaque pièce est unique en son genre. On peut voir les heures de travail dans chacune ». Tout cela est présenté dans une ambiance propre à la marque : motifs au sol, chandeliers en verre de Murano, colonnes anciennes. On se croirait parfois dans un musée d’histoire.
Certaines salles de l’exposition mettent à l’honneur le travail du verre en Italie, en proposant des pièces ornées de perles de verre et en Lucite, ainsi que des miroirs. Une autre pièce s’inspire de l’univers du classique film italien « Le Guépard » de Luchino Visconti en 1963; une autre de la Sicile, dont est originaire Domenico Dolce, avec des céramiques colorées, des fresques murales et même un réfrigérateur décoré de scènes folkloriques; et encore une autre, derrière une grille dorée, qui permet d’entrer dans une chapelle aux personnages vêtus de riches tenues.
La visite culmine avec une salle inspirée de l’opéra italien. L’exposition est un voyage dans une Italie baroque, riche, inspirée et reconnaissante envers son histoire et ses artisans.
Pour plus d’informations : miami.dolcegabbanaexhibition.com









