Le monde est divisé face aux actions de Trump envers le Venezuela, et la Floride porte également son lot de visions partagées. Soulignons que le Sunshine State accueille une importante population vénézuélienne, estimée à plus de 300 000 personnes, représentant la moitié du total aux États-Unis. Concentrés dans les comtés de Miami-Dade et Broward, les Vénézuéliens forment ainsi, au sud-est de l’État, un important bloc culturel et politique.
Malgré certaines critiques et incertitudes soulevées quant au renversement de Maduro, des expatriés du Venezuela se sont réunis à Doral le 3 janvier pour exprimer leur optimisme, espérant que cette arrestation marque enfin le début d’un changement durable pour leur pays. De leur côté, les organisateurs de la manifestation « No Kings » ont manifesté le même soir pour s’opposer à l’attaque de Trump contre le Venezuela.
Parmi les politiciens floridiens, les visions sont également divisées selon la ligne partisane. Nikki Fried, présidente du Parti démocrate de Floride (FDP), a critiqué l’attaque de Trump contre le Venezuela en affirmant que cette action « semblait davantage motivée par le pétrole que par la démocratie ou la stabilité régionale. Trump a menti et répété ses promesses d’éviter de nouvelles guerres et de donner la priorité aux intérêts américains, mais ce sont désormais les compagnies pétrolières et les milliardaires qui en tireront profit, et non le peuple américain ». Fried ajoute : « Ce n’était pas un processus transparent ou légal, c’était un changement de régime unilatéral sans plan clair pour la suite. Une fois de plus, Trump a agi comme s’il n’avait pas besoin du Congrès, du peuple américain ou de nos alliés ».
Quant au gouverneur de l’État, Ron DeSantis, il a été silencieux durant le week-end de l’attaque, contrairement à ses compères républicains sur les réseaux sociaux. Le lundi 5 janvier, WLRN rapporte que DeSantis a rompu le silence en déclarant qu’il espérait que les Vénézuéliens pourraient « se libérer du joug » de l’idéologie marxiste qui a caractérisé les régimes d’Hugo Chavez et de Maduro, « car il s’agit de l’un des règnes les plus destructeurs de l’hémisphère occidental ». Au début d’une conférence de presse, il a déclaré : « Maduro a été inculpé et cette opération a donc été couronnée de succès. Il mérite d’être traduit en justice ».
Selon un nouveau sondage de Reuters/Ipsos, publié le 5 janvier dernier, un Américain sur trois soutient le renversement de Maduro par les États-Unis. Le Politico rapporte que plus des deux tiers des républicains approuvent l’opération militaire menée par l’administration Trump au Venezuela, tandis que les démocrates s’y opposent largement.









