Pour certains, les démocrates se sont soumis aux républicains le 10 novembre après plus de 40 jours de fermeture douloureuse du gouvernement américain. Vaut mieux se la fermer et laisser la Chambre des représentants décider sans négocier, peut-on penser.
Le jour même du vote des sénateurs, cela n’a pas empêché la représentante démocrate Frederica S. Wilson (Floride-Miami) de publier un article virulent dans le Miami Herald pour condamner la nouvelle loi signée par le président Trump, et surnommée par ce dernier le « One Big Beautiful Bill Act ». Wilson la qualifie plutôt de « Big, Ugly Law », soit la « Grosse, Vilaine Loi ».
Dans son article, la représentante met en lumière les conséquences dévastatrices qui pourraient en découler, particulièrement pour le comté de Miami-Dade qu’elle considère comme l’« épicentre » de la souffrance à venir : près de deux millions de personnes perdront leur assurance santé, puisque la loi met fin aux crédits d’impôt de l’Affordable Care Act (ACA), et les changements apportés aux critères d’éligibilité vont « priver d’aide alimentaire d’innombrables familles, y compris des vétérans », a souligné Wilson.
Elle ajoute : « Bien que les démocrates et le peuple américain n’aient peut-être pas gagné cette bataille, nous gagnerons la guerre. »
Alors se la ferme-t-on vraiment ? Il faut savoir que la fermeture du gouvernement fait également mal en Floride. Le CEA (Council of Economic Advisers) estime que le produit intérieur de l’État (Gross State Product) devrait diminuer d’environ 911 millions de dollars pour chaque semaine où le shutdown se prolonge, ce qui équivaut à quatre milliards de dollars par mois. Et en durant un mois complet, l’analyse du CEA prévoit une augmentation du chômage d’environ 2 900 travailleurs en Floride. Au niveau des emplois fédéraux dans l’État, la majorité d’entre eux sont soit mis en congé sans solde, soit contraints de travailler sans être rémunérés.
À cet égard, heureusement que le Sunshine State brille autrement et qu’il ne se la ferme pas complètement. Nous avons entendu des histoires touchantes d’individus et d’organisations qui s’entraident pour pouvoir passer à travers la crise, comme une boulangère de Jacksonville qui fait des tartes aux pommes gratuites depuis des semaines pour les employés fédéraux non rémunérés au nord-est de l’État. La population compatissante s’en est mêlée pour défrayer le coût des ingrédients de l’entrepreneure qui travaille gratuitement. Fermeture ou non, nous considérons ce geste comme une belle ouverture de cœur et espérons que les gens continueront de se mobiliser, autrement.









