Le film québécois Deux femmes en or (TWO WOMEN) sera présenté au Coral Gables Art Cinema dans le comté de Miami-Dade du 22 au 27 mai prochain. Le Soleil de la Floride a eu la chance de regarder la comédie hilarante, elle est à voir absolument !
Mise en contexte et synopsis
La comédie est une réactualisation du classique québécois de 1970, Deux femmes en or. La réactualisation a été scénarisée par Catherine Léger et réalisée par Chloé Robichaud.
Dans un communiqué de presse transmis au Soleil de la Floride, le film Deux femmes en or, lauréat du Prix spécial du jury au Festival de Sundance en 2025, est décrit comme « une comédie débridée qui raconte l’histoire de deux mères refusant de se contenter d’une vie moribonde et qui partent à la recherche de la joie dont elles ont besoin pour se sentir vivantes et épanouies ».
Le film raconte l’histoire de Violette (Laurence Leboeuf), qui est en congé de maternité, et de Florence (Karine Gonthier-Hyndman), mère d’un fils de 10 ans, dépressive et en arrêt maladie. Violette ne cesse d’entendre des bruits de corneille qu’elle assimile par mégarde aux ébats amoureux de sa voisine Florence, mais cette dernière avoue ne pas avoir de relations sexuelles avec son conjoint (David) depuis des lustres. Lorsque les deux voisines se lient d’amitié autour de l’ennui lié à la parentalité, elles se rendent compte que la solution pour raviver leur joie de vivre réside peut-être dans l’écoute de leur libido. C’est ainsi que les deux femmes, examinant les besoins insatisfaits plus profonds qui les ont menées à leur situation actuelle, choisissent de mener une vie joyeuse plutôt que de faire des compromis. À l’insu de leur conjoint, elles multiplient les aventures sans lendemain avec des hommes de passage à la maison.
Le communiqué raconte : « Merveilleusement nuancé, empathique, sexy et drôle, Deux femmes en or nous invite à considérer que la vie n’est pas une ligne droite, et à nous rappeler qu’il existe une infinité de plaisirs que nous pouvons partager si nous nous permettons simplement de nous laisser aller ».
Entrevue avec la réalisatrice
Le Soleil de la Floride (LSDLF) a eu le privilège de s’entretenir avec la réalisatrice du film Deux femmes en or (TWO WOMEN), Chloé Robichaud (CR).
LSDLF : Le New York Times a mentionné que c’est « Une protestation érotique contre la monogamie ». Êtes-vous d’accord ou est-ce que ça va bien au-delà de cela ?
CR : « Je dirais que ça va au-delà. Ce n’est pas une protestation plus qu’une observation sur l’état des relations en ce moment. Je ne suis pas en train de porter un jugement ou de dire que les relations monogames ne fonctionnent pas. Comme réalisatrice, j’observe, je regarde. Je vois ces deux personnages qui sont déconnectées de leur propre réalité, de leur propre désir et de leur corps, et qui cherchent juste à ressentir de nouveau. Pour moi, c’est juste une protestation contre le fait de se perdre de vue et c’est davantage un film qui inspire à se retrouver, qu’on soit un homme ou une femme ».
LSDLF : Les scènes intimes ont nécessité une réflexion sur la représentation du désir féminin. Comment avez-vous abordé ces scènes pour qu’elles soient à la fois authentiques et respectueuses ?
CR : « Je ne souhaitais vraiment pas tomber dans ce qui aurait été gratuit ou voyeuriste. J’ai voulu rester dans le point de vue de ces femmes-là, et donc d’avoir une caméra qui reste avec elles dans ce qu’elles regardent et dans ce qu’elles vivent, en mettant davantage le focus sur la sensation. Ces scènes de sexe servent surtout à leur faire ressentir. J’ai même eu à m’amuser avec cela parce que s’il y a de la nudité dans le film, je voulais qu’elle soit plus quotidienne. Parce que notre corps ne sert pas juste à faire l’amour. Les seins d’une femme sont à la base pour l’allaitement. Alors je me suis dit que si les gens s’attendent à voir une poitrine dans le film, ça pourrait un gros plan sur des seins dans un tire-lait ou une femme qui se regarde elle-même dans le miroir et qu’on sente que ça fait longtemps qu’elle n’a pas fait cela. Encore-là de rester dans leur expérience, dans leur point de vue. Pas dans une caméra qui serait là pour émoustiller ou se servir du corps de la femme dans un but de faire un spectacle, ce qui aurait été vraiment contraire à la démarche que je voulais faire ».
LSDLF : Quelle scène a été la plus difficile à tourner — soit techniquement ou émotionnellement ?
CR : Techniquement, je dirais tout ce qui a concerné le Canadien de Montréal, car il fallait recréer le Centre Bell. Pour les scènes au Canadien, évidemment, je ne pouvais pas remplir un aréna, je n’avais pas les vrais joueurs du Canadien; donc de réfléchir à comment par la lumière et par le son, par l’ambiance et par les images d’archives, je pouvais faire vivre un match du Canadien de façon réaliste et amusante. C’était quand même particulier à faire. D’un point de vue émotif, il y a eu de très belles scènes entre Florence et son fils qui m’ont beaucoup touchée. Mais aussi, on s’est énormément amusés ! On a beaucoup ri. Chaque fois que le personnage de Florence Leboeuf devait faire le son de la corneille, c’était très dur. Cela a demandé beaucoup de concentration pour elle-même. Il a fallu faire plusieurs prises ».
LSDLF : Quel moment du tournage vous a le plus émue ou surprise ?
CR : « Je dirais la solidarité féminine. La plupart de mes chefs de département étaient des femmes (directrice photo, directrice artistique, cheffe costumière) et ma relation aussi avec Laurence et Karine. On est devenues très complices. J’ai constaté à certains moments sur le plateau qu’on était un groupe de femmes assez unies dans notre désir de bien représenter le désir féminin. On a eu des discussions sur le sujet et on s’est montré comme chacune assez vulnérable, ce qui a représenté pour moi une expérience unique, particulière et très touchante, en plus de devenir des amies. Donc c’est un plateau qui m’a beaucoup apporté, dont l’amitié avec Laurence et Karine ».
LSDLF : Les quatre personnages — pas seulement les femmes — semblent déconnectés de leurs désirs. Pourquoi était‑il essentiel pour vous d’inclure aussi le point de vue masculin dans cette réflexion ?
CR : « C’était important pour nous. Oui, le film s’appelle Deux femmes en or, mais elles sont dans des relations de couples et on ne voulait pas passer à côté de la réalité de ces hommes-là. Moi j’aime beaucoup le personnage de David, notamment celui qui joue le mari de Karine Gonthier-Hyndman, parce qu’on sent qu’il veut garder sa famille ensemble, que l’idée de se séparer fait peur, que de regarder la réalité en face fait peur et ça c’est quelque chose qu’on a souvent vu chez les femmes alors que moi j’ai plein d’amis masculins qui vivent ça ou qui vivent eux aussi une perte de libido, un manque de désir. On montre tellement les hommes au cinéma comme nécessairement des mâles alfa qui sont tout le temps dans le désir alors que ce n’est pas toujours la réalité. Alors je trouvais ça beau, même si le film n’est pas à propos d’eux, d’amener ces nuances-là chez ces personnages, je trouvais ça vraiment fort et pertinent ».
LSDLF : Pourquoi avoir choisi de tourner le film en 35 mm ? Qu’est-ce que ça apporte de plus au film ?
CR : « J’ai tourné dans le même format original du film de l’époque, donc il y avait une espèce de nostalgie. C’est un peu une façon de dire qu’entre le film original et aujourd’hui, il s’est passé 55 ans. Oui, les choses ont changé, mais sommes-nous parfois légèrement en danger de revenir en arrière ? Et pour moi, la pellicule, c’est l’origine du cinéma. On consomme tellement de télévision maintenant sur nos cellulaires et autres, on dirait que la pellicule nous ramène à l’essence et au côté pur du cinéma. Et je le fais dans plusieurs de mes films – c’est mon hommage au cinéma de mon enfance ».
LSDLF : Est-ce que ça implique des défis supplémentaires ?
CR : « C’est plus coûteux. Il faut convaincre les producteurs de la nécessité de le faire. C’est précieux la pellicule, mais je trouve qu’elle a un certain avantage : chaque prise devient précieuse. Tout le monde comprend que l’on donne tout pour cette prise-là. On dirait que parfois, quand on tourne en numérique, on pourrait tourner à l’infini. Aussi, la pellicule a un côté où ça ramène le focus, ce que j’aime ».
LSDLF : Qu’est-ce que cela représente pour vous de présenter Deux femmes en or à Miami, une ville très marquée par les communautés québécoises et francophones ?
CR : « Je serais vraiment contente que les gens aillent voir le film au cinéma et de pouvoir rejoindre un public québécois et francophone en Floride. C’est mon 4e film et c’est la première fois qu’il sort officiellement aux États-Unis, et d’être capable de rejoindre un public plus large, c’est très excitant ! Particulièrement de savoir que le travail de toute mon équipe soit reconnu, que les gens aillent le voir et que l’on fasse rayonner le cinéma québécois et notre culture, c’est important pour moi », conclut Chloé Robichaud.
À ne pas manquer !
Le film Deux femmes en or, présenté en français et sous-titré en anglais, est à ne pas manquer du 22 au 27 mai au Coral Gables Art Cinema à Coral Gables (260 Aragon Ave, Coral Gables, FL 33134).
Instagram : @TwoWomenFilm
Site Web : https://twowomen.ajointventure.com/
Lien vers la billetterie : https://twowomen.ajointventure.com/tickets
Trailer sur YouTube: https://www.youtube.com/watch?v=miL1turMuFA








