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Une véritable commotion envahie le Québec.

Incroyable ce que peut causer comme effet, un but de plus marqué par l’adversaire du Canadien de Montréal.

Samedi en fin de soirée, les Rangers de New York ensevelissaient le Veau d’Or des chrétiens adoratifs de la Ste-Flanelle. Il n’en fallait pas plus pour que la terre cesse de tourner et que tout un chacun remette en question tout ce qui se passe chez les vaincus.

Pourtant, les plus objectifs savaient que la meilleure équipe avait triomphé. Mieux encore, ils étaient conscients que les Rangers auraient dû achever leurs opposants encore plus rapidement. Les joueurs de la Grosse Pomme sont venus à bout de l’équipe montréalaise à l’usure. La robustesse, pratiquée sans interruption dans les parties précédentes par les Rangers, avait éteint petit à petit l’adversaire. Au point que lors de ce sixième affrontement, il ne leur était plus nécessaire de recourir à cette méthode mais de s’en tenir simplement au plan bien orchestré de leur entraineur Alain Vigneault.

Et justement Vigneault a surpassé, presque durant toute la série, son vis-à-vis Claude Julien. Dans cette défaite finale, le but vainqueur de Mats Zuccarello est venu alors que le quatrième trio et la troisième paire de défenses du Canadien étaient sur la glace. Puis, dans la dernière minute de jeu avec un sixième attaquant, Julien a désigné deux fois plus qu’une, Alex Galchenyuk pour la mise au jeu, alors que l’on sait que cette situation est l’une des pires carences de ce dernier.

Il a été battu deux fois et les Rangers ont contrôlé le jeu pour se sauver avec leur quatrième victoire. Les spécialistes de l’autopsie se sont multipliés pour déterminer la raison de cette triste fin. La cause la plus empruntée porte le nom de Carey Price, dont les performances en éliminatoires ont toujours terni son image. Pas de doute que le gardien n’a pas montré son plus grand talent devant les Rangers. Il a mal paru sur quelques buts et sa tenue n’a jamais intimidé l’adversaire.

Sa réputation de meilleur dans sa profession ne s’est jamais manifestée en série de fin de saison. Price n’a remporté que quatre séries en huit ans et sa fiche est de 25 victoires et 31 revers en éliminatoire. Il traine ce boulet. S’il est vrai que l’idole des inconditionnels n’a pas été à la hauteur, il ne faudrait pas lui attribuer tout le blâme de cette humiliation.

L’attaque du Canadien s’est contentée de 11 buts en six matchs, soit moins de deux buts pas partie. L’offensive du Canadien est défaillante à l’extrême. Et ceux qui doivent lui donner un semblant de crédibilité ne se sont jamais manifestés dans ces six rencontres. Max Pacioretty et Alex Galchenyuk ont été d’une timidité désolante. Puis les quatre joueurs de centre du CH forment sûrement le quatuor le moins efficace de toute la Ligue nationale. Lorsque vos deux premiers centres sont Philip Danault et Tomas Plekanec, pas de doute que vous êtes dans un sérieux embarras.

Erreur

Le Canadien est à des années lumières de remporter sa prochaine Coupe Stanley, la dernière fois remontant à il y près de 25 ans. Il faut voir la progression de plusieurs équipes, comme Nashville, Toronto et Edmonton pour comprendre que le CH est en pleine chute, parce que la relève est inexistante. Le seul véritable espoir est le défenseur Mikhail Sergachev.

Les acquisitions de Marc Bergevin, le 5 mars, n’ont aucunement amélioré cette formation. Les Ott, King, Martinsen, Davidson sont tous des quantités négligeable. Alex Galchenyuk et Micheal McCarron sont de faux espoirs.

Mais comme à chaque saison l’objectif du propriétaire Geoff Molson est de participer aux éliminatoires, il faut croire que cela le satisfait.

Il vient d’engranger une dizaine de millions avec trois matchs à la maison. Il a donc atteint son but. Et les amateurs vont continuer à croire en cette organisation qui, année après année, colmate les brèches avec des remplaçants peu talentueux. L’organisation refuse de souffrir dans les bas-fonds du circuit pour rebâtir avec des surdoués. Les échanges de Marc Bergevin n’ont pas rapporté de gros dividendes jusqu’ici et à moyen terme, le marché Weber-Subban lui fera mal.

L’avantage d’un échec précipité est généralement une excellente raison pour brasser les affaires. En ce moment, l’avenir d’Alexander Radulov et de Carey Price avec le Canadien est incertain.

Le joueur russe tâtera sûrement le marché des agents libres l’été prochain, et Price pourrait bien préférer, une fois son entente terminée dans un an, de se joindre à une formation qui a des chances de remporter le gros trophée, l’espoir suprême de tout athlète.

La défensive du Canadien est à rebâtir et l’acquisition d’un véritable joueur de centre est une nécessité absolue. Puis Bergevin devra trouver des joueurs plus costauds pour compléter ses deux premiers trios. On vient de voir comment, malgré tout leur courage, les petits joueurs, à moins d’être des surdoués, ne peuvent être la solution.

Geoff Molson et Marc Bergevin devront se convaincre qu’un grand ménage est inévitable pour remettre leur équipe sur les rails. On a vu combien le début de saison avec 13 victoires en 14 parties était un mirage et donnait une fausse identité à cette équipe.

Le Canadien est à la croisée des chemins. Le statut quo est sûrement à éviter.