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Lorsque Jonathan Huberdeau a réintégré les rangs de son équipe, le 3 février, tous croyaient qu’il lui faudrait un certain temps pour renouer avec toutes ses habiletés.

Le talent n’est pas une denrée qui s’effrite à 23 ans. Une absence de 51 matchs, remontant avant même le début de saison, allait-elle diminuer l’efficacité de ce doué?

« Je n’étais pas inquiet parce que j’avais tenu la forme durant tout ce temps et j’avais choisi d’attendre le temps qu’il faut pour revenir. Bien que je ne savais pas comment les choses allaient se passer, la chimie avec mes deux coéquipiers a fonctionné dès mon retour », dit-il.

Son départ canon a créé une véritable surprise, même chez son entraineur Tom Rowe, qui n’a pas caché que son joueur l’avait extrêmement impressionné.

Dès son entrée, l’ailier gauche a marqué le but victorieux contre les Ducks d’Anaheim. Puis Huberdeau, Barkov et Jagr ont continué à mener la charge permettant aux Panthers de flirter avec une place dans les séries éliminatoires.

Huberdeau et Barkov montrent chacun une fiche de 10 points en dix parties et Jagr a deux buts et cinq aides. Ce qui leur donne un cumulatif de 27 points en 19 rencontres depuis leurs retrouvailles.

Le tonic

C’était le tonic qu’avait besoin cette équipe pour du moins espérer grimper au classement.

Malheureusement, après avoir réussi un véritable exploit en allant décrocher cinq victoires dans un territoire inhospitalier, à Nashville puis St-Louis et sur la côte Ouest, les Panthers sont tombés dans un pénible silence en encaissant trois revers à la maison. Ce brut revirement pourrait leur coûter cher.

Si Aleksander Barkov demeure l’architecte de ce trio, Jaromir Jagr reste le mentor de ses deux jeunes alliés.

« Jaromir n’a pas changé depuis que nous nous sommes joints à lui. Il multiplie encore ses observations et nous nourrit de ses conseils précieux. Ce qui m’impressionne de lui, c’est quelles que soient les circonstances il reste toujours positif. Je dirais que si les choses fonctionnent à l’attaque, nous devons faire quelques ajustements pour mieux nous défendre. Nous avons commis quelques erreurs couteuses et il est nécessaire de remédier à cela immédiatement. Surtout à ce temps-ci du calendrier où tant d’équipes se défoncent pour être admis au bal des finissants », poursuit Huberdeau.

L’ailier gauche devient philosophe devant une situation qui provoque un sentiment d’urgence, surtout après ces trois échecs.

« Je n’aime pas trop cette expression parce que si nous voyons les choses de cette façon cela, peut engendrer une forte pression sur chacun de nous. Et à mon sens ce n’est pas un état désirable parce que nous risquons alors d’oublier la base de notre façon de jouer. On ne va pas regarder le classement à tout instant. Nous devons continuer de jouer instinctivement sans commencer à nous poser trop de questions », poursuit Jonathan.

Et il ajoute, « nous avons notre propre sort entre nos mains. Il ne faut pas croire qu’un affrontement, entre deux autres formations, va nous favoriser. La seule chose à faire c’est de gagner le plus de matchs possibles. En tous les cas c’est sûrement la meilleure façon d’obtenir ce que nous cherchons et aussi le chemin idéal pour entreprendre des séries de fin de saison ».

Il ne reste pas beaucoup de temps à son équipe pour redresser la situation précaire dans laquelle elle se retrouve.

Le surdoué

Dès son entrée dans la Ligue junior majeur du Québec, à 16 ans, avec l’équipe de St-John, tous les recruteurs professionnels ont réalisé que Jonathan Huberdeau faisait partie de la classe des surdoués. À 17 ans, il a terminé sa deuxième saison junior avec 105 points, à St-John.

Mais le hockeyeur n’avait pas encore réalisé qu’il pourrait, un jour, graduer dans la Ligue nationale.

Dans sa famille il n’y a pas d’autre hockeyeur. Ni chez ses oncles ni chez ses cousins.

D’ailleurs, son père Alain, qui ne rate pas un match à Sunrise ces temps-ci, ne cache pas qu’il ne connaissait pas grand-chose de ce sport avant que son fils devienne l’une des vedettes dans les rangs juniors.

« Tout jeune hockeyeur québécois rêve à la Ligue nationale. Moi j’ai commencé à y croire seulement lors de ma saison de 105 points. Puis j’en ai eu la confirmation en juin 2011, le jour où les Panthers m’ont repêché troisième en première ronde. Je savais que je possédais des atouts mais je ne m’étais jamais fait rien à croire ».

Les choses se sont bousculées par la suite. Devant le peu de talent qu’ils présentaient, les Panthers n’ont pas hésité à faire une place à ce jeunot de 19 ans. Dale Tallon, lui, n’a jamais douté des succès possibles de son protégé.

Le soir du retour au jeu de Barkov et Huberdeau, il y a trois semaines, il a tout dit en demandant « est-ce que nous sommes meilleurs avec ces deux joueurs ».

On pourrait le jurer, si Jonathan Huberdeau n’avait pas été absent si longtemps, les Panthers trôneraient au premier rang de la division Atlantique et seraient déjà qualifiés pour les prochaines éliminatoires.

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