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 Bergevin pendu en effigie

Après la catastrophe, c’est le désespoir chez les partisans du Canadien de Montréal. Rien ne va plus et rien ne laisse croire que ses misères ne se prolongeront pas.

Si le début de saison a été chaotique, que peut-on dire des deux dernières semaines où cette équipe a atteint le fond du baril? À ses six derniers matchs, tous joués sur sa propre glace, cette équipe s’est contentée d’une récolte de cinq petits points sur une possibilité de 12.

C’est surtout de la façon dont le Canadien s’est comporté, durant cette période, qui rend la situation désolante et crée bien peu d’espoir sur un redressement possible. Avant l’humiliation de  6-0 samedi par Toronto, au Centre Bell, les misérables Coyotes de Phoenix avaient ajouté l’insulte à l’injure en reportant sa première victoire en temps règlementaire de la saison, avec un gain de 5-4 au Centre Bell.

Quant aux  Leafs, ils n’ont fait qu’une bouchée du Canadien, une équipe devenue vulnérable dans son entier. La situation est tellement désolante qu’on ne trouve plus le moindre aspect positif chez la troupe de Claude Julien, qui est à court de mots pour décrire le supplice de la goutte d’eau qu’encaisse son équipe. À moins d’un miracle, cette équipe sera décomptée avant le jour de Noël. Ses chances de prendre part aux séries éliminatoires du printemps prochain sont à toutes fins utiles et inexistantes.

 

Manque de talent

Les journalistes, analystes et commentateurs montréalais spéculent à satiété sur les raisons de cette déconfiture. Aucun n’ose prononcer l’expression  « manque de talent ». C’est pourtant la réalité qui transpire depuis le début du calendrier.

Le Soleil de la Floride a fait, un peu plus tôt, le procès du directeur-gérant Marc Bergevin, principal artisan de ce total effondrement. Bien sûr que Julien ne sait plus à quel saint se vouer pour redonner vie à son équipe. Au fond, on ne peut le blâmer. Le Canadien n’a présenté une formation aussi pitoyable depuis des décennies, même si sa dernière Coupe Stanley remonte à un quart de siècle. Et ce n’est pas bientôt que le gros trophée reviendra dans la cour de cette équipe.

Il faut revenir sur les propos de Bergevin, qui affirmait le plus sérieusement, du monde au début de saison, que la défensive de sa formation était supérieure à celle de l’an dernier. Cette déclaration se transforme en la plus farfelue à être sortie de la bouche de ce directeur-gérant. Pendant que Shea Weber commence à montrer un certain ralentissement, tous les autres arrières ne pourraient occuper un poste de quatrième avec les 15 meilleures formations du circuit.

Certains aspects pervers émergent de ce gâchis concoté par Marc Bergevin. En début de saison, on a désigné le défenseur de 19 ans, Victor Mete, pour prendre la place d’Andrei Markov à la gauche de Weber. La recrue s’est tirée d’affaire un certain temps, mais une fois les meilleures équipes ayant trouvé leur rythme de croisière, il est évident que Mete n’était pas encore prêt à faire le saut dans la LNH. À l’exception de Weber, aucun défenseur du CH ne possède les atouts pour jouer régulièrement sur un deuxième duo, encore moins sur un premier. Devant cette bande d’arrières moyens, incapable de montrer la moindre robustesse pour protéger leur gardien, un autre risque plane sur un joueur que l’on a porté aux nues peut-être un peu trop tôt. Charlie Lindgren a fait une grande entrée, lors de la mise à l’écart de Carey Price. Il a sauvé la peau de son équipe à quelques occasions. Mais ce qui devait arriver, arriva. Après avoir limité ses adversaires à sept buts à ses cinq premiers départs, il a été enseveli 10 fois à ses deux derniers matchs, devant laisser sa place lors de l’échec devant Toronto. Comme Carey Price n’est pas encore prêt à reprendre le boulot, Lindgren devra encore sauver les siens et la tâche ne sera pas une sinécure parce que son équipe affrontera Dallas, Nashville et Columbus dans trois de ses quatre prochains matchs. Si cette équipe ne trouve pas le moyen de limiter les dégâts, le premier à encaisser le coup pourrait bien être ce jeune gardien rempli de promesses. L’accumulation des situations pénibles du Canadien risque de déteindre sur la belle confiance que Charlie Lindgren a montrée jusqu’ici.

 

Offensive muette

Si la vulnérabilité est criante à la ligne bleue, on cherche le mot pour déterminer l’atroce offensive de cette équipe. Le Canadien présente la troisième pire défensive du circuit avec un différentiel de -23 et il montre également la troisième avant dernière attaque avec seulement 51 buts marqués en 21 parties.

Jonathan Drouin, obtenu en retour du jeune défenseur de 19 ans Mikhail Sergachev, qui fait un tabac à Tampa, n’a marqué qu’une seule fois lors de ses 14 derniers matchs. On a cru qu’il pourrait combler le poste de premier centre, qui manque tellement à cette équipe, mais il est évident qu’il ne possède pas les outils pour combler cette tâche. On ne sait plus si cet échange avec Tampa ne viendra pas hanter Bergevin un jour. Drouin n’a marqué que trois fois en plus de 10 passes pendant que le jeune arrière du Lightning montre une fiche impressionnante de cinq buts et 11 passes à sa première saison dans la LNH. Le fait que Brendan Gallagher soit le meilleur franc-tireur des siens, avec huit buts, montre à quel point cette attaque est anémique. Pacioretty avec sept buts et Baron avec cinq, ils sont les seuls à avoir franchi le mince cap des quatre buts en 21 départs. Plus la saison avance, plus il est évident que Marc Bergevin a complètement démoli son équipe, surtout en préférant garder huit millions de dollars en banque plutôt que d’accorder des contrats à Radulov et Markov. La tête de Bergevin est mise à prix au Québec. Alexander Radulov a déjà sept buts et 12 passes au deuxième rang des pointeurs des siens.  Quant au départ d’Andrei Markov, son absence a totalement déstabilisé la défensive de cette équipe même s’il avait ralenti. Il surpassait encore tous les arrières en défensive et il serait encore le moteur de l’attaque à cinq, qui est totalement éteinte depuis sept matchs.

Nous allons nous répéter : la seule avenue du Canadien est de faire un grand ménage et de reconstruire à partir du repêchage, dès juin prochain. Et rappelons encore une fois que le processus sera long, voire très long, parce que le Canadien ne compte aucun grand talent dans son organisation.