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Carey Price traverse les pires moments de sa carrière, du moins depuis qu’il porte les couleurs du Canadien de Montréal.

On peut parler d’une méchante dégringolade pour ce gardien trop souvent qualifié du meilleur de sa profession. Que Price connaisse une baisse de régime aurait été tout à fait normal, mais présentement on ne parle pas d’un léger relâchement mais bien d’une véritable débandade qui  entraine son équipe dans les bas-fonds.

Price n’est plus l’ombre de lui-même, incapable de retrouver ses repères et multipliant les bévues à chacune de ses sorties, après la mince victoire sur les minables Sabres de Buffalo, lors du premier match de la saison. Depuis le gardien du Canadien est en pleine dégringolade au point de se retrouver dans le groupe des pires gardiens du circuit.

Parmi tous les gardiens, qui ont pris le départ dans au moins sept matchs, il occupe le dernier rang avec une effroyable moyenne d’efficacité de .833 et une moyenne de buts accordés à 3,64. 

Cela le place au 48ème rang dans la première catégorie et au 58ème rang dans la deuxième. En termes de chiffre, il est loin d’un Jonathan Quick avec un 1,78 but accordé par match et un pourcentage d’arrêts de .946 ou d’un Sergei Bobrovsky avec des performances de 1.88 et .938. Ses piètres performances ajoutées au manque de talent chez le Canadien expliquent sans équivoque les misères de la troupe de Claude Julien.

Price n’est pas seulement chancelant. Il est tout simplement mauvais en ce moment. 

Les amateurs qui l’idolâtraient l’an dernier ont commencé à le huer. Qui aurait pu croire à un tel traitement à l’endroit de Carey Price? Jusqu’ici, au cours de ses 10 sorties, il a accordé quatre buts et plus à sept reprises. Ses coéquipiers doivent alors  jouer du hockey de rattrapage.

Le Canadien occupe le 30ème rang de la Ligue nationale devant une équipe moribonde, les Coyotes de l’Arizona, qui n’a pas encore remporté une seule partie. À cette allure, le sort du Canadien de Montréal pourrait bien être réglé avant la période des fêtes. Cette équipe a déjà un pied dans la tombe et ne lui  reste qu’un pas arrière à faire pour être enterrée. Elle entreprenait le 30 octobre un voyage de quatre parties à Ottawa, qui se poursuivra au Minnesota, Winnipeg et Chicago.

La commande est lourde. Le CH devra arracher au moins deux victoires pour éviter de s’enfoncer davantage. Sinon Marc Bergevin, que l’on blâme de plus en plus pour les déboires de l’équipe, aura tout le temps pour déterminer quel chemin il prendra pour ramener sa formation sur les rails. Ce sera la première étape. La deuxième sera pas mal plus longue puisqu’il est devant une situation désolante.

 

Faux pas de Bergevin

Au fond, Bergevin a pris tellement de mauvaises décisions au cours des dernières années qu’il s’est piégé lui-même. Il a transformé sa brigade défensive en fromage suisse. Elle est pleine de trous. Lorsqu’il a décidé d’échanger PK Subban aux Predators de Nashville en retour de Shea Weber, il estimait avoir fait l’acquisition d’un véritable leader, autant sur la patinoire que dans la chambre de joueurs.

Depuis le début du calendrier, cette décision ressemble davantage à une illusion. Weber ne démontre aucunement les atouts qu’on lui attribuait. Bien qu’il domine par rapport aux autres défenseurs de son équipe, il ralentit à l’œil nu et n’a rien d’un Subban pour relancer l’attaque, l’une des pires carences du Canadien. Lors de la défaite de 4-0 aux mains des Kings, jeudi dernier, il était sur la glace pour les quatre buts de Los Angeles. Il a marqué trois fois et obtenu trois passes jusqu’ici, mais il montre un gros -8. À 7,8 millions de dollars par saison, c’est cher payé pour ses services  avec un contrat qui s’étend jusqu’en 2023-2024.

La transition entre les arrières et l’offensive est inexistante. On l’a déjà dit. Jeff Petry et Karl Alzner n’impressionnent personne. Leur travail comme défenseurs est brouillon. Bergevin a aussi erré lorsqu’il a accordé des contrats faramineux à ces deux joueurs. Petry touchera 5,5 millions de dollars au cours des quatre prochaines saisons, tandis qu’Alzner vient d’être embauché à 4,6 millions de dollars pour les cinq années à venir.  Consi-dérant qu’à compter de l’an prochain Carey Price touchera 10,5 millions de dollars durant huit ans, c’est énormément de dollars pour une défensive devenue une véritable passoire.

En fait Bergevin a investi 28,4 millions de dollars pour quatre joueurs qui, depuis le début du calendrier, sont de véritables déceptions. Cette somme représente près de 38% de la masse salariale d’une équipe qui est de $75 millions. D’autant plus que Price est considéré comme le joueur de cette concession et que Weber était vu comme l’homme qui transformerait cette défensive. Depuis son arrivée à Montréal, Petry  n’a jamais fait preuve de constance et l’acquisition d’Alzner sera une autre erreur de Marc Bergevin.

Avec une telle défensive complétée par des joueurs aussi marginaux que Jordie Benn, Brandon Davidson et Joe Morrow, il est impensable qu’une équipe puisse atteindre les éliminatoires. Le cas de Victor Mete est une autre histoire. Ce jeune arrière de 19 ans est la seule belle surprise, bien qu’il en soit à ses premiers pas dans la Ligue nationale. Chez les attaquants, Tomas Plekanec est un joueur au bout du rouleau et n’a plus ce qu’il faut pour être membre des deux premiers trios d’une équipe. Sa production se limite à un petit but présentement. Avec six millions de dollars, à sa dernière année de contrat, il devient un véritable boulet pour l’organisation. Hudon, Lehkonen et Shaw qui ont participé à tous les matchs n’ont pas encore trouvé le fond du filet. Aucun joueur n’a plus de trois buts. Drouin a été limité à deux petits buts jusqu’ici et Hemsky est zéro en sept départs.

Marc Bergevin a définitivement raté son plan quinquennal visant à transformer son équipe en aspirant à la Coupe Stanley. Il n’a jamais réussi à mettre la main sur un véritable premier joueur de centre. Il possédait  un défenseur gaucher pour prendre la succession d’Andrei Markov, mais il a choisi de céder ce surdoué Mikhail Sergachev au Lightning de Tampa pour obtenir Jonathan Drouin que l’on croyait capable de devenir un centre efficace. Jusqu’ici les résultats ne sont pas concluants et ce Sergachev connait tout un début de carrière dans la Ligue nationale puisqu’en 12 parties il a marqué quatre buts et obtenu six passes.

Les misères du Canadien cette saison démontrent à quel point les exploits passés de Carey Price faussaient la donne. Ses miracles, surtout l’an dernier, sauvaient régulièrement la peau de son équipe toujours anémique. Avec ses 22 buts en 11 rencontres, le Canadien est au dernier rang. 

Accompagné d’une défensive totalement en lambeaux et d’une attaque aussi silencieuse, le Canadien est dans de très mauvais draps.