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À moins d’une semaine du début officiel de la saison régulière, il a frappé sur le clou. «Nous ne sommes pas prêts». C’était court, mais vrai. Jusque-là le Canadien s’était empêtré au point de croire qu’il se dirigeait sur un récif. Le naufrage semblait à la portée.

À ses six premiers matchs pré-saison, il n’avait pas connu la victoire, l’offensive n’obtenant que neuf petits buts, incapables de faire scintiller la lumière rouge trois fois le même soir. Plus que les défaites, c’était davantage l’attitude et l’absence d’implication qui provoquaient le pessimisme chez les analystes et les partisans. Depuis quelques jours, on ne donnait pas cher de la peau de cette équipe à la veille de la saison. Claude Julien multipliait les expériences, donnait la chance à chacun de se faire valoir, ouvrait la porte aux recrues. Malgré toutes ces tentatives, les résultats étaient nuls. Seuls Charles Hudon et Victor Mete tiraient leur épingle du jeu chez les jeunes.

Depuis le début du camp d’entrainement, la défensive était une véritable passoire et l’attaque était silencieuse. Devant cette inertie collective, Shea Weber a sûrement senti le besoin de réveiller une bande de joueurs amorphes. Weber est reconnu comme un véritable leader depuis le début de sa carrière. Il était le capitaine lorsqu’il portait les couleurs des Predators de Nashville. Il était respecté de tous. 

Ses coéquipiers ont tous regretté son départ lorsqu’il a été échangé pour P.K. Subban. Pas de doute qu’il a choisi le moment et les mots pour secouer son vestiaire.

 

Électrochoc

Ces quelques paroles ont eu l’effet d’un électrochoc. On a rarement vu un revirement d’attitude aussi brutal comme celui que cette équipe a démontré dès l’affrontement suivant. Les Panthers de la Floride se sont présentés au Centre Bell après avoir remporté quatre victoires en cinq départs, ayant subi un seul revers en prolongation.

Le jeu brouillon du Canadien laissait jusque-là croire à un autre échec, mais les choses ne se sont pas passées de cette façon. Les Panthers ont assisté à une véritable résurrection. Sans Max Pacioretty et Jonathan Drouin, le Canadien a dominé jouant avec une hargne que l’on n’avait pas vue jusque-là. Un réveil soudain et inattendu qui leur a valu une victoire de 3 à 1. Dès le lendemain, le Canadien donnait une véritable leçon aux Sénateurs d’Ottawa, les pulvérisant 9 à 2. Quatre lignes d’attaque qui fonctionnaient comme des rouleaux compresseurs et des défenseurs devenus de véritables sentinelles. 

Depuis le début du camp, Alex Galchenyuk portait l’étiquette de la grande déception. Au point de donner des maux de tête à la direction de l’équipe. On ne parvenait plus à lui confier le moindre rôle. Il a soulagé son entraineur en marquant une fois et en obtenant une passe contre les Sénateurs. Formant un trio avec Philip Danault et Andrew Shaw, il a mieux paru. Mais ce joueur reste une énigme.

Jacob de la Rose en est un autre qui est finalement sorti de sa coquille, dans cette rencontre, en marquant deux fois. Son réveil lui permettra probablement de commencer la saison à Montréal. Parce qu’avant cette soirée, il était étiqueté Ligue Américaine.

Tous les problèmes de Claude Julien ne se sont pas nécessairement envolés malgré ces deux victoires. Le flanc gauche à la défense reste vraiment démuni depuis le départ des Markov, Emelin et Beaulieu. Les postulants sont des rejets d’autres équipes. Les Benn, Davidson, Streit, Morrow n’ont rien d’un surdoué. Karl Alzner n’a pas non plus été très efficace à cette position.

 

La révélation

Jusqu’ici on n’a pas encore trouvé un arrière capable de faire la paire avec Shea Weber. Le candidat à ce poste doit être capable de transporter la rondelle en plus de posséder suffisamment d’endurance pour jouer environ 25 minutes par match.

On succède à Andrei Markov, mais on ne peut chausser ses patins. Le seul arrière qui a répondu à ces critères jusqu’ici est Victor Mete, la révélation du camp. Si dans les premiers matchs Claude Julien jumelle Mete à Weber, il est aussi conscient que c’est beaucoup demander à un jeune de 19 ans de jouer autant de minutes contre les meilleurs joueurs du circuit. Un tel défi peut être un couteau  à deux tranchants au sens que ce novice pourrait connaitre des soirées plus difficiles, ce qui pourrait ébranler sa confiance et lui faire faire un pas en arrière.

La victoire facile sur les Sénateurs fausse sûrement la réalité. L’offensive de cette équipe n’est pas devenue une puissance de la ligue Nationale en deux jours, mais il faut reconnaitre que l’acquisition de Jonathan Drouin solutionne le pire problème que le Canadien trainait depuis une éternité.

Drouin ne règle pas seulement l’absence d’un premier centre, mais il devient le maitre de l’attaque à cinq qui, avec lui, sera une arme dévastatrice. Surtout qu’avec les nouveaux règlements, relativement aux coups de bâton, beaucoup plus de pénalités seront décernées dans un match.

Il faudra voir si les arbitres maintiendront le rythme une fois le calendrier régulier commencé.

En dépit de la perte d’Alexander Radulov, le Canadien a amélioré son attaque avec la venue de Drouin et de Charles Hudon, qui devrait flirter avec une vingtaine de buts cette saison. Avec ces deux victoires, les sceptiques sont confondus. Il faudra voir pour combien de temps.

 

Le Canadien disputera son premier match de la saison régulière, jeudi à Buffalo. Il jouera trois matchs en quatre soirs sur la route. Après les Sabres, il affrontera les Capitals et les Rangers. Il recevra ensuite Chicago et Toronto avant de se rendre sur la côte ouest à San Jose, Los Angeles et Anaheim. Les résultats de ces huit matchs nous permettront de savoir qui est le vrai Canadien.