Divorce et séparation : Quand la terre s'arrête de tourner
Publication date: 31 juil. 08 09:00:00
J'avais à peine 16 ans lorsque je suis devenu conscient des ravages causés par la séparation et le divorce. J'étais vert (ou, si vous préférez, un néophyte de la pire espèce), naïf et croyant que les mariages étaient à l'épreuve du démantèlement. À cette époque, le divorce n'était pas chose répandue et, par conséquent, doublement pénible pour les personnes qui en subissaient les effets. J'ai fait mes premières classes du « divorce » bien malgré moi en devenant, par un concours de circonstances quelconque, le confident d'une dame qui vivait d'affreux moments. Dans la quarantaine, cette dame était mariée à un homme infidèle. Elle seule, du moins le croyait-elle, était au courant de ses aventures extraconjugales. Elle me mit dans le secret et dans la confusion la plus totale; je ne comprenais tout simplement pas comment un homme marié et catholique pouvait déroger aux règles de sa religion, et vivre avec le mensonge et l'illégalité.
Par Isidore Dugas
Dans ma tête de p'tit gars qui n'avait pas encore saisi toutes les nuances et les complexités de la nature humaine, je me trouvai plus estomaqué qu'empathique. J'écoutais, j'essayais de me faire une raison. Bien sûr, je garderais le secret. Elle pouvait compter sur moi.
Cette dame se mit donc à me raconter son calvaire : un mari qui la trompait, mais un mari qu'elle aimait malgré tout, peu de recours pour le ramener à elle, personne à qui en parler. Ça aurait été trop pénible, trop risqué, trop honteux!
Mais, à moi, elle se permit de se laisser aller, peut-être parce que mon innocence l'aidait à conserver un brin de dignité, peut-être parce qu'elle n'en pouvait plus de tout garder à l'intérieur. Son homme a fini par revenir à la maison, mais pas nécessairement pour les bonnes raisons. Il est devenu gravement malade et son épouse l'a accueilli comme une épouse loyale et surtout amoureuse. Elle est demeurée à ses côtés pour le soigner jusqu'à son dernier souffle. Elle l'aimait à ce point, m'a-t-elle confié peu de temps après le décès de son époux.
Pour cette dame que je revois à l'occasion, j'aurais préféré un dénouement plus réconfortant et basé sur une entraide mutuelle. J'aurais aimé avoir le pouvoir d'aller voir cet homme pour lui dire ma façon de penser et lui commander de rentrer dans le rang. Mais j'aurais fait une grave erreur. Le pouvoir que je détenais à l'époque était celui de l'écoute, et ce pouvoir m'a entraîné bien malgré moi à m'infiltrer dans les moments les plus houleux des relations de couples. Or, plus souvent qu'à mon tour, je me suis retrouvé à soutenir un ami, une connaissance et de parfaits inconnus dans des périodes qui s'avèrent les plus déroutantes et les plus troublantes. Il est arrivé en de rares occasions que ma petite contribution ait ouvert la porte à une réconciliation. Dans un cas comme dans l'autre, c'est le simple fait d'avoir été présent et à l'écoute qui peut faire une différence.
Passez une bonne journée, gardez le sourire!
Ne laissez personne gâcher votre vie et votre confiance!
(Cette petite capsule provient du site www.acadie.net)